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Usages du Porno : éléments pour une cartographie à venir

Par Florian Voroswilliams.jpg

 

Cet article s'inscrit dans une réflexion sur les réceptions de la pornographie initiée au cours d'une enquête sociologique auprès d'amateurs et d'amatrices de films pornos gais. Il est le point de départ d'un travail de thèse plus large sur les usages des films et vidéos pornographiques, financé par l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS).

 

 

« L'obscénité et la pornographie (...) en tant que représentations explicites presque sans valeur (...) étaient alors devenues, et ont continué à être, des objets d'étude de plus en plus respectables, tant qu'ils étaient envisagés comme des problèmes sociaux plutôt que comme des formes culturelles »

 

Des médecins invités sur les plateaux télévisés pour expertiser les « effets » qu'elle aurait sur la santé sexuelle, aux défenseurs des « valeurs » (la famille, l'amour conjugal, le bon goût, etc.) qu'elle mettrait en danger, la « consommation de pornographie » est redevenue l'objet d'une préoccupation médiatico-politique intense depuis le début des années 2000. Suivant une logique déjà mise en lumière par Linda Williams, ce sont paradoxalement ceux qui s'efforcent de restreindre la visibilité des images ob/scènes, en plaidant pour un contrôle étatique et parental plus strict, qui ont alors replacé sur le devant de la scène publique « la » pornographie et ses « consommateurs ».

 

Sortir les publics du porno des placards de l'université

 

Pendant ce temps là, deux siècles après la naissance des industries pornographiques modernes, trois décennies après l'invention du « film X » et quinze ans après les nouvelles formes d'usage ouvertes par le développement d'Internet, les publics du porno restent encore dans les placards de l'enseignement et de la recherche universitaire. Notamment parce que la traduction culturelle des porn studies anglo-saxonnes (Lynn Hunt, Linda Williams, Cindy Patton, Tom Waugh, Kobena Mercer...) n'en est qu'à ses prémices dans l'hexagone, et que les questionnements des cultural studies féministes et queer peinent toujours à trouver leur place au sein des différentes disciplines académiques françaises - au premier rang desquelles, la sociologie des pratiques culturelles. Mais aussi parce que cette « tradition » critique s'est davantage intéressée à la manière dont les scripts pornographiques mettent en récit les corps et les identités, qu'aux pratiques et aux discours à travers lesquels les publics visionnent ces scripts, les décodent et se les réapproprient.

 

Les récentes données de l'enquête Contexte de la sexualité en France (CSF) confirment pourtant que le film porno est une forme culturelle résolument inscrite dans les quotidiens, au même titre que les séries télévisées ou que le cinéma « grand public » : un homme sur deux (52,1%) et une femme sur cinq (20,4%) déclarent un visionnage régulier. Cet article propose des pistes pour penser son inscription dans les expériences quotidiennes de soi, au-delà de la volonté de savoir que le regard médical a instauré autour de cette pratique.

 

(lire la suite dans le n°33 de Tausend Augen)

 

 

 

 

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