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  • D'une certaine tendance de la critique cinématographique française

    a66f7dbdeedf3b8bda04ef0f834b4f78.jpg"Au début des années 30, alors que le cinéma parlant français cherche encore ses repères entre le muet et le théâtre dans le confinement des expérimentations et des discussions de cinéastes, peu de journalistes ou de critiques d’art s’intéressent à ce genre par trop populaire, trop bâtard, trop neuf. Paradoxalement, l’une des premières défenses aiguisées du jeune cinéma parlant parait dans le journal royaliste et ultra réactionnaire dirigé par Charles Maurras, le grand ennemi de la modernité : Lucien Rebatet signe les critiques cinématographiques hebdomadaires de l’Action Française dès février 1930. Rebatet, qui commence alors une longue carrière de critique de cinéma, se bat pour l’avènement d’un cinéma pur, délié du théâtre, un cinéma où le mouvement, la pensée visuelle de « l’auteur » du film serait mise pleinement à contribution. Rebatet, plus connu pour avoir été le fer de lance de la collaboration intellectuelle parisienne et pour avoir prôné un fascisme à la française teinté du plus haineux des antisémitismes, est vraisemblablement l’un des hommes qui a le plus influencé la pensée critique du cinéma en France. Les concepts phares de la « politique des auteurs » furent forgés par les jeunes-turcs de L’Action Française des années 30, Brasillach, Rebatet, ces pères indignes dont les noms allaient disparaître après la guerre."

     

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    Retrouvez l'intégralité du texte de Vincent Joos dans le dossier du n°32 de Tausend Augen consacré aux représentations de l'identité de gauche au cinéma.

  • (…) puisqu’il faut bien l’appeler par son nom

    (à partir de Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés)

    e8058063b2283c23a0bceb393cec3d64.jpg"Nous n’en avons toujours pas fini avec le travail : le Président de la République française a pris à-bras-le-corps cette vieille valeur du monde occidental en insistant sur l’évidence qu’elle constitue à nos yeux, évidence ininterrogeable, hautement anté-problématique, rappelant s’il le fallait que le Français, par essence, veut travailler, aime travailler, et que, dans les années qui s’annoncent, le même Français pourra enfin assumer cette secrète vocation qui le taraudait depuis longtemps : travailler plus. Ce travail supplémentaire sera bien sûr assorti de conditions financières avantageuses, le tout établi dans une équation à l’évidence, là aussi, irrésistible : travailler plus = gagner plus. Mais ladite équation pose problème une fois passé le moment d’éblouissement relatif suscité par une telle évidente égalité : le travail ne désigne pas une activité ou une efficience, voire un processus, neutres, il suppose une organisation dont il constitue un point de visibilité, de rebroussement, particulier, et comme tel, il est à situer aux lieux mobiles où se nouent et se dénouent les mailles du réseau social."

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



    Retrouvez l'intégralité du texte de Sébastien Hoët dans le dossier du n°32 de Tausend Augen, consacré aux représentations de l'identité de gauche au cinéma.

  • La fin de l'utopie?

    "Dans la cité traditionnelle, un cercle magique consacré par les ancêtres et renouvelé par le sang des sacrifices protégeait l’individu de tout mal et des conséquences de ses pêchés . Le sens du lieu consacré se perpétuait à travers les célébrations renouvelées du mythe fondateur ainsi qu’un ensemble de règles et de mécanismes contraignants qui permettaient de préserver l’équilibre ainsi établi. Ce dernier, toujours précaire, s’affaiblissait irrémédiablement. La ville moderne invente une nouvelle image pour asseoir son devenir : la figure de l’utopie. Cette dernière offre la perspective d’un horizon bercé par une organisation rationnelle et idéale. Mais si l’utopie est originellement portée par des valeurs « socialistes », sa confrontation au modèle capitaliste généralisé transforme ses intentions fondatrices. Que reste-t-il dans ces conditions du sens des espaces collectifs dans les espaces urbains contemporains ?"

    Cet extrait est tiré d'un texte de Séverine Steenhuyse, publié dans le dossier du n°32 de Tausend Augen consacré aux représentations de l'identité de gauche au cinéma.

  • Quelle écriture pour l'Histoire du cinéma? /12

    Le travail sur les représentations, les normes et leur sens, qui en France doit beaucoup à Michel Foucault, reste à intégrer aux méthodes historiographiques françaises. On voit l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir lorsqu’on se penche par exemple sur les « stars ». Phénomène quasi-concomitant de l’émergence du cinéma dans la culture de masse, le star-système est constitutif de mythes cinématographiques qui ont structuré les représentations culturelles depuis une centaine d’années. Cependant, en France, l’histoire de la star, des stars, demeure un champ très peu exploré, le film étant d’abord envisagé sous l’angle de son auteur. Considérer qu’une star est aussi l’auteure du film (ne serait-ce que de par son statut économique, mais aussi de par sa persona) est pourtant indispensable à la bonne compréhension d’une œuvre artistique dans toutes ses dimensions. Sur le plan méthodologique, cela impose d’accorder une plus grande importance à la contextualisation historique et culturelle qu’à la fétichisation du rapport à la star. L’histoire du cinéma souffre encore du statut « inférieur » des études cinématographiques qui peinent à se constituer réellement en discipline à part entière. Nous avons évoqué quelques pistes qui tracent des perspectives intéressantes. Nous l’avons vu, l’historien du cinéma ne peut se contenter d’écrire comme un « simple » historien. Les spécificités de son objet d’étude commandent des exigences particulières que nous avons rappelées. A la confluence des champs disciplinaires, avec entre les mains les enjeux du plus important media de masse, entre scientifique et écrivain, la position et le statut de l’historien de cinéma devraient lui faire dépasser définitivement le cadre de la « cinéphilie ».

     

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  • L'Ecole, point aveugle de l'universalisme républicain

    Etre et avoir et L’Esquive, deux films rassurants

     

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    "François Dubet, sociologue de l’institution scolaire, déclarait le 23 janvier 2007, dans un article publié dans la rubrique « Débats » du journal Le Monde : « L’absentéisme et le faible intérêt des élèves doivent nous alerter sur l’inadaptation d’un modèle idéalisé, celui de ‘l’école républicaine’. Gare aux illusions passéistes »

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    La réception en France de deux films récents témoigne à des niveaux divers de ces illusions passéistes et de la fascination persistante des couches cultivées françaises pour le modèle idéalisé de l’école républicaine. Ces deux films par ailleurs très différents ont en commun d’avoir recueilli un succès critique et public exceptionnel, compte tenu de leur format : d’une part, Etre et avoir, sorti en 2002, documentaire de Nicolas Philibert, filme une année dans une école primaire à classe unique d’un petit village du Massif central ; d’autre part, L’Esquive d’Abdelatif Kéchiche, sorti en 2004, deuxième film d’un jeune réalisateur issu de l’immigration, raconte sur un mode fictionnel réaliste les relations de quelques élèves garçons et filles d’une classe de collège d’un quartier populaire de la banlieue, réunis autour de la préparation d’une représentation de Marivaux, sous la direction de leur professeure de français.

     


    Deux films très différents quant au genre, au format, aux auteurs, et aux univers de référence, mais qui ont en commun de s’adresser au public cultivé, celui des salles d’art et essai, et de mobiliser chez les spectateurs français un rapport à l’école comme mythe fédérateur, lieu de transmission des valeurs républicaines et de la culture."

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    Retrouvez l'intégralité du texte de Geneviève Sellier dans le n°32 de Tausend Augen