01.10.2008

Gerets, un Belge à l'Olympique de Marseille

La fondation de Tausend Augen à Lille en 1995 explique le tropisme belge d'une bonne partie de la rédaction. Lorsque le Belge Eric Gerets a été nommé entraineur de l'Olympique de Marseille, nous avons donc rapidement compris qu'il allait sortir l'équipe de l'ornière.

Nous ne résistons pas au plaisir de publier ce commentaire de l'entraineur Eric Gerets paru dans France Football, à propos d'un de ses jeunes attaquants vedettes, Mathieu Valbuena.

Dans le prolongement des échanges parus sur l'Euro de football sur ce blog, les amateurs apprécieront cette leçon de "mise en scène" digne de Steven Spielberg.

"Il a besoin de jouer dos au but, à gauche ou à droite, car il possède cette qualité rare de pouvoir pivoter rapidement avec le ballon, d'un coté comme de l'autre. S'il est le long de la touche, il risque de se retourner en dehors du terrain. Alors il est mieux dans l'axe."

26.06.2008

Réponse à la traduction d'un billet de Volker Pantenburg

L'Allemagne, non seulement douche notre plaisir en se retrouvant en finale après avoir pratiqué un football médiocre face à une équipe turque joueuse et brillante (qui plus est privée de 9 de ses joueurs titulaires!), mais en plus elle nous gratifie en la personne de Volker Pantenburg de considérations sur le chauvinisme un peu étranges. Il est vrai que je n'ai pas compris la fin du texte de Volker Pantenburg. En fait, il le dit lui-même, il n'est pas un spectateur très expérimenté ni très concentré. Cela explique peut-être qu'il cède facilement, comme de nombreux intellectuels, à la simplification qui consiste à mettre en perspective le comportement d'un supporter de foot avec l'expression d'un nationalisme qui serait condamnable. A cet égard, une analyse qui postulerait qu'il y a là peut-être plus de choses qui ont à voir avec le jeu du travestissement, du rôle que l'on investit, de l'élaboration identitaire collective dans le bon sens du terme, choses que les médias modernes ont parfaitement comprises, serait bien plus intéressante. Oui, sans complexe, on joue avec les stéréotypes pour dire que les Allemands "à leur habitude" jouent un football froidement efficace et chiant, tuant tout plaisir. Cela colle bien à l'image qu'on en a dans l'imaginaire collectif : froids, efficaces, presque inhumains, nazis, autrement dit. Et c'est très bien! on s'en amuse, on en rit, et à la fin Turcs et Allemands boivent ensemble des bières, car au fond pour 90% des spectateurs et supporters de football, investir ces stéréotypes ne dure sérieusement que le temps du match. D'ailleurs, c'est Gernot Rohr qui le dit lui-même (dans 100% euro sur M6 mercredi 25 juin) : "l'essentiel on est en finale, peu importe la manière, on n'est pas là pour bien jouer au football mais pour gagner." Volker Pantenburg s'étonne du filmage opposant supporters russes débraillés, et supportrices hollandaises affriolantes (Je suis personnellement sexuellement plus excité par les supporters russes, qui n'ont pas hésité à se mettre torses nus). Mais il aurait dû se concentrer un peu plus; il aurait alors pu constater que son analyse ne tenait pas (on a aussi vu des supportrices russes joliment maquillées). Quant aux drapeaux, Volker Pantenburg semble leur accorder une signification inscrite dans une vision archaïque des modalités de l'expression nationale (culturelle, identitaire, etc.) Il semble penser qu'arborer un drapeau ou des couleurs nationales est investi du même sens qu'en 1920-1940. Bref, à un moment donné, on aimerait bien que certains intellos cessent d'essayer d'appliquer au football (et les autres sports d'ailleurs?) des techniques d'analyse peu opérantes. Qu'ils fassent l'effort plutôt d'analyser les matches sur le fond, et sur leur esthétique, c'est plus difficile (il faut se concentrer un peu plus), mais c'est plus méritoire.

24.06.2008

Euro 2008 : le global n'est ni le dépassement ni le démantèlement du principe national, tout juste sa modification

Je traduis ici rapidement le billet de  Volker Pantenburg (l'un des critiques cinéma allemand les plus intéressant) à propos des retransmissions de match de l'Euro 2008, publié sur le site Neue Filmkritik, qui se propose de reprendre sur le net le projet de la formidable revue  Filmkritik (dont Harun Farocki fut rédac-chef de 1974 à 1984) et dont nous vous parlions dans le HS#2 de tausend augen.


Euro 2008

Je ne suis ni un spectateur de football très expérimenté ni spécialement concentré, mais il était impossible de ne pas voir le chauvinisme de la réalisation image lors de la retransmission du match Pays-Bas/Russie [sur la seconde chaine allemande ZDF, ndt].

Dès que le camp des supporteurs pro-russes étaient donnés à voir, les images donnaient dans l'iconographie de la horde : ventres à l'air, braillards pas particulièrement beaux à regarder, se remuant au son de leurs tambours. Pour "la Hollande", à contrario, la monnaie d'échange fut de gros plans sur des blondes au regard triste et éthéré (les hollandais étaient menés à ce moment là) et de jolis drapeaux sur leurs joues. Cette forme douteuse jouant sur l'émotion de la retransmission me semble bien plus poussée qu'il y a deux ans encore [pendant le Mondial 2006, ndt]. Il me semble aussi que les grands médias apparurent trop surpris par la vague de retour du sentiment national de 2006 (quand bien même ils y auraient eu une part active) pour avoir pu s'entendre sur l'élaboration au préalable d'une stratégie footballistique collatérale. Aujourd'hui pourtant, chaque fabriquant de bière, de voiture ou de jenesaisquoi, tout comme les nouvelles que nous servent les journaux, mettent la main à la pâte avec leurs petits drapeaux. Que l'"Europe" n'allait pas être dans ce contexte un correctif, mais juste un semblant de signifié métanational – la somme, pas le contraire des drapeaux –, était prévisible. Cela fonctionne vraisemblablement tel que le décrit  Saskia Sassen dans son livre sur la globalisation* : le global ne doit pas se comprendre comme dépassement ou démantèlement du principe national, mais comme sa modification. Dans la SZ [quotidien national de centre gauche, ndt] d'aujourd'hui, on peut lire une discussion sur son livre. Mais dans cette même édition, on n'a pas honte, page 2, d'utiliser la formule "le bateau est plein" [en français : "la barque/la coupe est pleine", ndt] et non pas juste l'utiliser, mais même, bien européen, de la mettre au pluriel. Bien sûr, il s'agissait ici littéralement des bateaux de réfugiés, mais avec cette formulation, on invoque la métaphore et avec la métaphore, le ressentiment.


posted by Volker Pantenburg



* - édition originale de son livre (en anglais) Territory, Authority, Rights: From Medieval to Global Assemblages
   - l'édition allemande dont parle Volker Pantenburg : Das Paradox des Nationalen
   - en français, sur le même thème : "Mais pourquoi émigrent-ils ?", Saskia Sassen, Le Monde Diplomatique, novembre 2000

Retour aux féodalités

Nous publions ci-dessous un courrier révélateur des évolutions en cours depuis plusieurs années. Bientôt, lorsque vous serez étudiant, c'est votre seigneur et maître le MAIRE qui vous accordera (car tel sera son bon plaisir) une bourse d'études, avec pour critères : avoir de belles cuisses, être de bonne et pure race flamande, posséder sa carte au parti, etc.
Le pire : plein de gens trouvent ça formidable.



Direction Générale
Affaire suivie par N. RAMECOURT
( 03.21.790.702
*nramecourt@agglo-lenslievin.fr


Lens, le 9 juin 2008



Objet : Bourse Universitaire.



Monsieur le Directeur,


En octobre 2005, je vous informais de la possibilité d'attribution d'une bourse communautaire, par la Communaupole de Lens-Liévin, aux étudiants de troisième cycle (master II ou doctorat), sous réserves de certaines conditions. Pour mémoire copie de courrier est jointe à la présente.

Les années universitaires 2005-2006 et 2006-2007 ont généré quelques vingt cinq dossiers qui ont été examinés par la commission mixte paritaire créée à cet effet. Or en 2007-2008, les demandes des étudiants se sont faites rares. Ce constat m'amène à penser à un manque d'information sur le sujet.

C'est pourquoi je me permets de vous rappeler que cette libéralité, octroyée sous certaines conditions (études primaires et secondaires faites sur le territoire de la Communaupole ou parents y résidant encore), reste d'actualité et que tout changement de directive vous serait immédiatement donné si tel devait être le cas.

Je vous demanderai donc de bien vouloir diffuser l'information au sein des établissements ou écoles relevant de votre compétence pour les années à venir.

Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en l'assurance de ma considération distinguée.



Le Président,



Michel VANCAILLE,
Premier Vice-Président du Conseil Général.

12.06.2008

Noir Canada : 2ème procès-bâillon contre un de nos collaborateur

On vous en parlait récemment (ici et là), notre ami Alain Deneault, qui a collaboré au numéro 19 de la revue tausend augen fait face désormais à un deuxième procès-baillon lancé par une autre entreprise minière canadienne pour avoir publié son livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique.
Pour ceux qui ne savent ce qu'est un procès-baillon, voici un exemple français malheureusement perdu après de longues années de luttes : Denis Robert vs. Clearstream.
 
On vous avait également promis des nouvelles, et bien voilà :
 
La société Banro poursuit en Ontario les auteurs de Noir Canada - Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher - et l'éditeur Écosociété pour 5 millions$can, pour diffamation.
 
Les passages visés concernent des données émises par des sources sérieuses et crédibles, telles que les rapports des experts mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU, les observations de la commission d'enquête dirigée par le député congolais Christophe Lutundula ou des articles de Dominic Johnson, journaliste allemand spécialiste de l'Afrique.
 
Les auteurs et l'éditeur de Noir Canada ont reçu cette seconde poursuite après avoir fait paraître le livre en dépit d'une première requête en justice de la part de Barrick Gold pour 6 millions$.
 
Le site de l'association Ressources d'Afrique et la page de l'éditeur Ecosociété contre le procès-baillon
 
Face à la Banro, ils devront maintenant se défendre devant les tribunaux ontariens, selon les procédures d'un autre code de loi et dans une autre langue, malgré que les auteurs et éditeur de l'ouvrage résident au Québec.
 
Les auteurs et Écosociété voient en ces méthodes une façon d'empêcher la discussion publique et une nuisance pour la démocratie.
 
Alain Deneault
Pour le Collectif Ressources d'Afrique
Le 11 juin 2008

24.05.2008

Lettre de Cannes/2

J'écris cette note depuis un cybercafé rue des Serbes, qui pratique des prix prohibitifs mais offre un espace de travail correct (avec du café).
Les conversations autour vont bon train, recoupant des choses entendues ici et là. En gros : les festivaliers se plaignent de la mauvaise qualité des films et du manque de public dans les salles, et les commerçants se plaignent de la moindre affluence (il reste de nombreuses chambres d'hôtel disponibles, alors qu'habituellement tout est complet des mois à l'avance). Il faut dire qu'en centre-ville une nuit dans un deux étoiles pas terrible se négocie à 190 euros.
De quoi relancer les rumeurs de délocalisation du Marché du Film à Barcelone, ce qui tuerait presque certainement le Festival, qui depuis longtemps ne vit pas grâce à son public (il faut dire que celui-ci est soigneusement tenu à l'écart).

23.05.2008

Lettre de Cannes/1

Le Festival de Cannes 61ème édition, on se demande quand ça finira. Cette année encore, des films inutiles et chiants en pagaille, Danny Brillant se dandinant sur la Croisette entouré de call-girls, un Art Show relégué au fin fond du Majestic avec entrée VIP (du coup les exposants se plaignent : ils n'ont rien vendu), des files d'attente sous la pluie parce que personne dans l'organisation n'a pensé à protéger les trottoirs, plein de yachts dans la baie qui relâchent pipi et caca pendant que se baignent les gens le long de la plage (les riches emmerdent les pauvres), etc.
Remise du Carrosse d'Or à la Quinzaine des réalisateurs dans cette salle rebaptisée du Palais Stéphanie, ex-Noga Hilton, glissement suggestif du chic au kitsch, avec un président de la SRF nommé Klapisch qui remet sous les applaudissements son prix à un Jim Jarmush gêné aux entournures. Standing ovation on ne sait même plus pourquoi, avec des mots du bon élève de la classe le sélectionneur pépère Olivier qui chante l'esprit contestataire de la Quinzaine (ah bon). On s'attend donc à ce que Klapisch se positionne, lui qui préside la SRF, une des structures en pointe dans le Collectif National de l'Action Culturelle Cinématographique (BLACC). En effet, ce collectif a récemment pris certaines positions peu médiatisées contre la politique gouvernementale de démantèlement du financement public de la Culture (lire par ailleurs sur ce Blog), et pourtant Klapisch fait plouf et ne dit rien de tout cela. L'heure est aux sourires et aux applaudissements, et on se dit que Sevran, mort il y a peu, a laissé un bel héritage.
Suit la projection de Tony Manero, un film chilien dont on attendait quelque chose à la lecture du résumé et dont il ne restera rien. Si ce film a été sélectionné, on se demande bien ce qui a été écarté.
La Quinzaine, née de 68 est morte depuis longtemps. On ne sait même pas pourquoi on applaudit. Pour dire combien on est heureux d'avoir pu entrer après s'être fait traiter comme de la merde par des vigiles chiens-de-garde?
La famille du cinéma est réunie, elle pue du cul, mais se lave bien les dents.

22.05.2008

Noir Canada : Procès-bâillon contre un de nos collaborateur

On vous en parlait récemment (ici), notre ami Alain Deneault, qui a collaboré au numéro 19 de la revue tausend augen fait face à un procès-baillon lancé par une entreprise minière canadienne pour avoir publié son livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique.
 
On vous avait également promis des nouvelles, et bien voilà : 
 
Bonjour,
 
 
Ce mot pour vous annoncer le lancement de la campagne de soutien envers les auteurs et l'éditeur de Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique, qui font l'objet d'un procès-bâillon de la part de la société Barrick Gold. 
 
Alain Deneault
pour le Collectif Ressources d'Afrique
 
 
Barrick Gold, la plus grosse compagnie aurifère du monde, poursuit Écosociété pour 6 millions $ avec pour seul objectif de l’écraser et de la pousser à la faillite. Suite à la publication de Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, Barrick réclame de la petite maison d’édition québécoise à but non lucratif, et des auteurEs de Noir Canada, 5 millions $ pour dommages moraux compensatoires, ainsi qu'un million à titre de dommages punitifs, ce qui représente 25 fois le chiffre d’affaires annuel d’Écosociété.
 
Cette poursuite-bâillon, ou SLAPP*, est une lourde menace pour le droit à l’information, pour la liberté d’expression et donc pour la démocratie. Nous refusons de nous faire museler et entendons poursuivre notre travail d’éditeur engagé.
 
Écosociété demande toutes les formes d’appui possible pour mener ce combat de David contre Goliath.
Pour nous aider, vous pouvez :

 

Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique est la synthèse et l'analyse de documents nationaux et internationaux déjà rendus publics (rapports, livres, documentaires...), portant sur de nombreux abus de plusieurs sociétés canadiennes présentes en Afrique, notamment dans le domaine minier et pétrolier. Il porte aussi sur le soutien dont bénéficient parfois ces sociétés de la part du gouvernement canadien. Le débat que ce livre veut rendre public est d'autant plus légitime que les actifs des Canadiens (fonds de retraite, REER, fonds publics) sont souvent indirectement investis dans ces sociétés via la Bourse de Toronto.

 

* Strategic lawsuit against public participation

 

Force du cinéma américain

A Cannes cette année, on a encore pu entendre des lamentations sur la domination écrasante du cinéma américain. Bien entendu, il est important de distinguer, toujours, la défense de la diversité culturelle face à des entreprises dont la vocation est hégémonique. Toutefois, ce discours contestataire permet souvent de se voiler la face. Si le cinéma américain est aussi mondialement populaire, ce n'est pas seulement parce que sa diffusion s'accompagne de stratégies marketing éprouvées et écrasantes. C'est aussi parce qu'il s'approprie très vite des questions de société qui intéressent tout le monde (la Guerre du Golfe, les luttes des minorités, les manipulations génétiques, le Président est-il un extra-terrestre, etc.) et qu'il les met en scène dans des films accessibles et soignés.
En France, ça ne se bouscule pas au portillon (on parle ici de fictions, bien entendu, pas de documentaires ou de fictions destinées au public restreint des salles d'art et d'essai) sur la Guerre d'Algérie, le Rwanda, la Guerre du Golfe ou l'Afghanistan, les révoltes dans les banlieues (au lieu de se gargariser de nostalgie de Mai-68...), la corruption dans le monde économique et politique, etc.

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C'est, a contrario, ce qui fait aussi le succès de ce bon feuilleton qu'est Plus Belle la Vie sur France 3. Outre que les maghrébins par exemple sont avocatsou fonctionnaires de police, on peut aussi y voir un juge homosexuel vivant en couple, et une chef d'entreprise hétéro tombant amoureuse de sa collaboratrice...entre autres réjouissances.

On se prend à rêver d'un film Plus Belle la Vie qui viendrait à son tour bousculer le ronron des productions hexagonales, en touchant un public diversifié.

10.05.2008

A quoi sert le cinéma?


Derrière ce titre un brin provocateur se cache la volonté de questionner ce qui apparaît comme des évidences pour les professionnels que nous sommes, à partir du constat que la gravité de la situation actuelle, nonobstant les mobilisations nécessaires, nous est peut-être imputable en partie. Il ne s’agit pas non plus de céder à la mode des évaluations et des bilans tous azimuts mais de prendre la mesure de nos faiblesses actuelles, et de penser des solutions nouvelles aux questions nouvelles qui se posent.
Les acteurs de l’action culturelle cinématographique se sont récemment réunis dans un collectif national pour dire «non» au démantèlement de la diversité culturelle. Mais au-delà du principe que nous défendons représentons-nous réellement cette diversité ? Si tel n’est pas le cas, comment en sommes-nous arrivés à cette inadéquation entre les principes et leur application ? L’idéal républicain de la culture pour tous trouve-t-il sa traduction concrète sur le terrain, dans nos actions, dans nos lieux ? Les lieux de la diffusion culturelle et de la formation des publics correspondent-ils aux nécessités actuelles ? Ont-ils suffisamment pensé leurs propositions pour répondre aux évolutions des pratiques des publics ? Quelle place et quel statut pour les pratiques amateurs et les pratiques populaires ? Dans la mise en concurrence organisée par l’Union européenne et l’Etat des collectivités, quelle place pour les projets non-marchands de l’art, du cinéma, de l’audiovisuel ? Faut-il avancer vers une plus grande transversalité entre les arts, bien sûr, mais aussi entre les différents acteurs de l’action culturelle, tous secteurs confondus ? Faut-il inventer de nouvelles formes pour l’éducation populaire ?
De l’écran originel à la culture des écrans, comment adapter une politique publique de formation du regard des jeunes aux évolutions actuelles ? Quels outils développer pour appréhender les mutations du cinéma et de l’audiovisuel, et rétablir le contact entre les jeunes spectateurs et les lieux que nous défendons ? Entre leurs pratiques culturelles et la création ?
Autant de questions auxquelles vous pouvez répondre, vous lecteurice, avec à la clé un voyage pour trois à gagner aux îles Tanguy (connues pour leur verdure).

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