05.10.2008

Teresa de Lauretis à propos de M.Butterfly

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Dans Théories Queer et culture populaire : de Foucault à David Cronenberg (Ed. La Dispute, 2007), Teresa de Lauretis a ce mot à propos de M. Butterfly de David Cronenberg, un cinéaste que Tausend Augen suit depuis très longtemps (lire notamment le dossier qui lui est consacré dans le n°7 de la revue) :

"Le film ironise et déconstruit le récit culturel de la féminité qui est celui du livret de l'opéra en montrant qu'il s'agit d'un fantasme orientaliste fondé sur des hiérarchies de genre, de race et sur une domination politique." (p.166)

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Probable que nous ayons à revenir une nouvelle fois sur Cronenberg dans nos pages...

03.10.2008

Porn Film Festival à Paris

Back to Porn

Après Berlin, Athènes et Tokyo, le Festival de Films Porno débarque à Paris. Découvrez le meilleur de la production et de la création porno internationale contemporaine et des nouvelles cultures sexuelles avec une sélection de films surprenants, excitants, originaux et stimulants.

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A New Porn is Born !

Ce festival d'un genre nouveau vous propose de découvrir ou redécouvrir la crème de la crème du cinéma porno : expérimentaux, queer, DIY, cultes, post-porn, underground, artistiques, courts et longs-métrages.

Du 9 au 12 octobre 2008
, le Paris Porn Film Fest investit le mythique cinéma de Mocky, le Brady, pour une expérience inédite mixant tous les plaisirs, tous les genres et toutes les sexualités. Pour cette première édition, le Festival donne un coup de projecteur sur le porno trans FTM (Female To Male) en pleine explosion, en présentant trois films de Buck Angel, un film de Morty Diamond et deux films du studio Trannywood Pictures. Deux portraits de cinéastes hors du commun, Joanna Angel et Maria Beatty, seront aussi présentés dans le cadre du Festival – l’occasion de faire le point sur deux parcours atypiques et représentatifs de la nouvelle pornographie.
Une compétition internationale présidée par un jury de sexperts renommés récompensera les courts et longs métrages les plus inventifs et un panorama du porno international nous plongera dans les univers décalés de Joe Gallant, Bruce LaBruce, Gerard Damiano, Erika Lust, ou Todd Verow. Sans oublier des courts métrages de réalisatrices et réalisateurs français tels que Manon Desgryeux, Catherine Corringer ou Panik Qulture.

Alors bouclez ou débouclez vos ceintures,
et vive le retour du porno dans les salles obscures !

Le Paris Porn Film Fest est interdit aux mineurs de moins de 18 ans.

Site Internet : http://www.parispornfilmfest.com/

01.10.2008

Gerets, un Belge à l'Olympique de Marseille

La fondation de Tausend Augen à Lille en 1995 explique le tropisme belge d'une bonne partie de la rédaction. Lorsque le Belge Eric Gerets a été nommé entraineur de l'Olympique de Marseille, nous avons donc rapidement compris qu'il allait sortir l'équipe de l'ornière.

Nous ne résistons pas au plaisir de publier ce commentaire de l'entraineur Eric Gerets paru dans France Football, à propos d'un de ses jeunes attaquants vedettes, Mathieu Valbuena.

Dans le prolongement des échanges parus sur l'Euro de football sur ce blog, les amateurs apprécieront cette leçon de "mise en scène" digne de Steven Spielberg.

"Il a besoin de jouer dos au but, à gauche ou à droite, car il possède cette qualité rare de pouvoir pivoter rapidement avec le ballon, d'un coté comme de l'autre. S'il est le long de la touche, il risque de se retourner en dehors du terrain. Alors il est mieux dans l'axe."

30.09.2008

Régis Dubois à Aubagne

Notre rédacteur Régis Dubois animera un débat au Festival du Film militant d'Aubagne autour de son dernier livre Hollywood, cinéma et idéologie le mercredi 8 octobre de 17h30 à 19h00.

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09.09.2008

Entretien avec Claire Fontaine

 

L'art et le monde/la scène de l'art seraient-ils un de ces oasis dont parle Bernard Aspe (L'instant d'après, projectiles pour une politique à l'état naissant, La Fabrique, 2006), perçu comme "antipolitique" et où il est possible de créer, de renverser les perspectives ?

Claire Fontaine : Bernard Aspe reprend l’idée de Hannah Arendt sur l’amour et l’art comme des refuges a-politiques, c’est une conviction d’une autre époque. Personnellement je trouve cette idée odieuse, si l’on vit l’amour ou l’art de manière petite-bourgeoise et séparée c’est bien une position politique que l’on occupe en faisant ceci. La condamnation des « refuges » des gens, des bulles dans lesquelles la population de nos villes et de nos campagnes a besoin de s’enfermer est compréhensible, mais d’une certaine manière c’est l’échec de la création d’espaces sociaux et humains à la fois radicaux et viables qui a amené à cet état de choses et pas seulement la militarisation de l’espace publique qui s’est parachevée dans les dernières dix années. Par ailleurs il n’y a pas d’oasis ni politique ni a-politique, la lutte de classe est partout, on peut se découper une situation plus ou moins privilégiée toujours par ses talents personnels (être artiste, braqueur de banque, top model ou héritier de fortune) à mon sens ces solutions suscitent l’envie des autres, beaucoup de solitude et ne donnent pas d’accès véritable à la liberté. C’est une évidence que le système est malade et que n’importe quelle position on y occupe est contaminée par cette infection, cela n’empêche pas de continuer à chercher et trouver le bonheur là où il se présente et de chercher à le partager. Le vrai bonheur, ainsi que la vraie liberté, se trouve dans les rapports sociaux et pas dans les possessions ou dans le pouvoir – désolée de débiter des banalités anarchistes de base ! Le monde de l’art ne me paraît pas fonctionner sur des principes communistes, socialistes ou anti-capitalistes, donc je ne vois pas en quoi celui-ci constituerait une oasis.

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(Lettera aperta a un giornale della sera / Lettre ouverte à un journal du soir, de Francesco Maselli, 1970)


(LIRE L'INTEGRALITÉ DE CET ENTRETIEN DANS LE N°32 DE TAUSEND AUGEN)

06.09.2008

Entretien avec Bruce Labruce

Si vous êtes tellement révolutionnaires, anti-establishment et tout, vous devriez être capables d'accepter l'idée qu'on puisse être homosexuel, bisexuel et même transgenre”.

Entretien avec Bruce Labruce et Jürgen Brüning

 

Bruce Labruce est venu présenter son dernier film Otto or Up with the Dead People et nous en avons profité pour interviewer celui que nous avions découvert en 1997 au Freak Zone (Festival du film trash de Lille) avec son remarquable Hustler White. Cinéaste canadien œuvrant dans le porno comme dans le circuit Art et Essai, il articule une critique des tendances identitaires et hégémoniques infra-communautaires avec un humour délié et des jeux sur les conventions du porno comme genre. Son producteur allemand, Jürgen Brüning, fondateur de deux sociétés de production de films gays porno (Cazzo Film et Wurst Film) ainsi que du Porn Film Festival de Berlin dont une version française devrait voir le jour en 2008, l’accompagnait et a répondu à nos questions en nous offrant une vision désillusionnée de l’industrie porno avec ses hiérarchies et systèmes de classe.

 

Comment en êtes-vous arrivé à faire du cinéma ?

Bruce Labruce : J'ai fait une école de cinéma, tout simplement. Je suis entré à l'université vers dix-huit ou dix-neuf ans et j'ai suivi l'enseignement en section production de l'école de cinéma pendant deux ans. Mais j'ai fini par juger ça bien trop compliqué, techniquement parlant, et trop coûteux, alors je me suis réorienté vers l'étude de la théorie du cinéma, obtenant un Master en théorie du cinéma et en étude de la pensée socio-politique. Mais au moment où j'écrivais ma thèse, j'ai commencé à fréquenter le milieu de l'art alternatif de Toronto et à tourner des films en super-8 (comme plein de gens à cette époque). En fait, c'est à ce moment-là que j'ai rencontré Jürgen [Brüning] parce qu'il était conservateur invité à Hallwalls, une grande galerie d'art à Buffalo, dans l'Etat de New York. On est remontés ensemble à Toronto où nous avons découvert de nouveaux films, et il a vu mes coups d'essai. J'ai toujours été intéressé par le cinéma. J'ai grandi en regardant les films d'Hollywood dont mes parents en particulier étaient très fans. Ils nous amenaient au drive-in tous les week-ends. J'ai grandi dans une petite ville isolée de tout. Nous ne recevions que quelques chaînes de télévision, alors regarder ces films était pour moi une façon de tisser des liens avec le monde extérieur et de fuir cette petite communauté de fermiers, que je haïssais.

 

(LIRE LA SUITE DANS LE N°32 DE TAUSEND AUGEN)