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Michel Foucault

  • Quelle écriture pour l'Histoire du cinéma? /12

    Le travail sur les représentations, les normes et leur sens, qui en France doit beaucoup à Michel Foucault, reste à intégrer aux méthodes historiographiques françaises. On voit l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir lorsqu’on se penche par exemple sur les « stars ». Phénomène quasi-concomitant de l’émergence du cinéma dans la culture de masse, le star-système est constitutif de mythes cinématographiques qui ont structuré les représentations culturelles depuis une centaine d’années. Cependant, en France, l’histoire de la star, des stars, demeure un champ très peu exploré, le film étant d’abord envisagé sous l’angle de son auteur. Considérer qu’une star est aussi l’auteure du film (ne serait-ce que de par son statut économique, mais aussi de par sa persona) est pourtant indispensable à la bonne compréhension d’une œuvre artistique dans toutes ses dimensions. Sur le plan méthodologique, cela impose d’accorder une plus grande importance à la contextualisation historique et culturelle qu’à la fétichisation du rapport à la star. L’histoire du cinéma souffre encore du statut « inférieur » des études cinématographiques qui peinent à se constituer réellement en discipline à part entière. Nous avons évoqué quelques pistes qui tracent des perspectives intéressantes. Nous l’avons vu, l’historien du cinéma ne peut se contenter d’écrire comme un « simple » historien. Les spécificités de son objet d’étude commandent des exigences particulières que nous avons rappelées. A la confluence des champs disciplinaires, avec entre les mains les enjeux du plus important media de masse, entre scientifique et écrivain, la position et le statut de l’historien de cinéma devraient lui faire dépasser définitivement le cadre de la « cinéphilie ».

     

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  • Quelle écriture pour l'Histoire du Cinéma? /3

    L’historien de cinéma d’aujourd’hui est confronté à l’évolution de son statut. Il s’agit le plus souvent d’un universitaire, qui s’inscrit donc dans une logique disciplinaire peu encline à admettre les approximations, le raisonnement intuitif, ou analogique (qui prévaut encore chez les critiques). A partir des années 60, le cinéma devient un objet d’étude primordial en même temps que légitime pour les plus grands intellectuels (Foucault, Barthes, Morin, Deleuze, …).

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    ce5d1ddfd6d5631aa0308ae09391f52e.jpgLe développement d’institutions publiques insistant sur la dimension patrimoniale du cinéma à travers des politiques conjointes de conservation et de diffusion du film (cinémathèque, ciné-clubs, festivals) légitime définitivement le cinéma comme « art » et comme « pratique culturelle » majeure. L’accès au film s’améliore, en même temps que la production augmente. La circulation internationale des films grandit, de nouvelles aires géographiques sont « découvertes » en occident, grâce au travail des revues, des festivals, et des cinémathèques. C’est aussi à partir des années 60 que des disciplines se développent à l’Université : sociologie, anthropologie, économie sociale et politique, … La sémiotique, la psychanalyse, ... deviennent des outils d’analyse du film.