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  • District 9 : Ils ne passeront pas par moi

     Par Civan Gürel

    (autorisation de séjour n°89 9087 - R)

    Johannesburg, de nos jours. Un immense vaisseau spatial, tombé en panne, reste bloqué au-dessus de la ville depuis 1982. Les aliens qu’il transportait ont été débarqués dans le District 9, un camp de fortune qui s’est rapidement transformé en ghetto insalubre. Ces immigrants de l'espace, dotés du surnom péjoratif de « Crevettes », sont très mal vus par les humains. Le gouvernement confie la gestion du problème à la société privée MNU. Wikus van der Merwe, un de leurs agents, est chargé de superviser l'évacuation des aliens vers un autre camp. Contaminé par un fluide extra-terrestre, l'employé zélé subit une mutation génétique qui en fait le seul homme capable d'utiliser l’arsenal des aliens, convoité par la MNU. Fuyant ses ex-employeurs voulant le transformer en cobaye, Wikus se réfugie dans le District 9, où sévit un gang de Nigérians...

     

    Un réalisateur jeune mais aguerri district9c.jpg

     

    Neill Blomkamp est né en Afrique du Sud (1979). A l'âge de 18 ans, il s'installe au Canada et étudie le cinéma. Devenu spécialiste des effets visuels, Blomkamp travaille sur les séries Smallville et Stargate SG-1 tout en mettant en scène clips et publicités. Il réalisera ainsi une pub à la Transformers, devenue célèbre, pour Citroën1. En 2005, Blomkamp se distingue aussi avec son court métrage Alive in Joburg2où, dans un style documentaire, il montre la ville de Johannesburg aux prises avec des immigrants extra-terrestres. Il est alors choisi par Peter Jackson (auteur du cycle Seigneur des anneaux) pour réaliser l'adaptation du jeu vidéo Halo mais le projet n'aboutit pas. Reprenant le canevas de son court métrage, Neill Blomkamp crée une oeuvre plus personnelle. Produit par Jackson pour 30 millions de dollars, son film fait un malheur au box-office.

     

    Une fable SF riche en sens (et en contradictions)

     

    Le ghetto appelé District 9 évoque District 6, quartier des docks du Cap connu pour avoir longtemps abrité des familles modestes de toutes races. En 1966, le régime sud-africain décide d’en faire une zone réservée aux Blancs, ce qui aboutira en 1982 (l’année où apparaît l’OVNI du film) à la destruction du quartier et à la dispersion des habitants.

    Le film est donc une allégorie de l’apartheid, mais il renvoie également à la persistance des inégalités en Afrique du Sud malgré la fin de la ségrégation et l’élection de Mandela (1994). De même, District 9 reflète

    les tensions liées aux flux d’immigrés africains que connaît le pays. L'ancrage local est d'autant plus fort que le tournage a eu lieu dans une banlieue de Soweto, où des bicoques venaient d'être démolies. L'on racheta ce qui en restait et le bidonville du film fut créé à partir de ces matériaux. L'équipe subit les menaces des gangs contrôlant le secteur : il fallut engager des caïds locaux pour assurer la sécurité. Le premier jour de travail, des réfugiés du Zimbabwe furent assassinés dans les rues de Johannesburg.

    Cependant, l'aspect métaphorique du récit le fait aussi entrer en résonance avec : la situation des Palestiniens ; celle des détenus de Guantanamo; le sort des réfugiés du Tiers-Monde, des immigrés clandestins et des victimes de la xénophobie en général. De plus, le personnage de Wikus qualifie le lieu vers lequel on évacue les aliens de « camp de concentration », ce qui rappelle l’Holocauste.

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    La science-fiction est un genre propice à la représentation de sujets tabous. Ainsi, un des premiers films américains à avoir abordé le 11-Septembre est La guerre des mondes, où l'agression extra-terrestre symbolise les attentats de 2001. Il en va de même pour les rapports interraciaux et le racisme, thèmes récurrents dans le cinéma fantastique : LaPlanète des singes (celui de 1968), Blade runner, Aliens, Matrix, Underworld.

    De son côté, Neill Blomkamp énumère parmi les cinéastes qui l'ont marqué Ridley Scott (pour Alien et Blade runner) et James Cameron (pour Aliens). District 9 fait aussi allusion à La Mouche où David Cronenberg suit pas à pas la lente transformation d'un homme en monstre insectoïde. Le jeune auteur sud-africain prend surtout un malin plaisir à détourner les poncifs de la SF. Finis les humains qui débarquent sur une planète hostile : ici, ce sont les aliens qui sont opprimés par les Terriens. Alors que la destination privilégiée des aliens de cinéma est l'Amérique, ils apparaissent ici dans le ciel de Johannesburg. Leur vaisseau géant a beau rappeler celui d'Independence Day, il est immobilisé par une banale panne et n'abrite pas des monstres conquérants mais des Boat people interstellaires. La subversion du thème de l'invasion extra-terrestre est aussi un commentaire ironique sur les discours nationalistes stigmatisant « l'invasion » des pays du Nord par les immigrés clandestins.

    District 9 mélange plusieurs genres : film d'action, mélodrame, buddy movie3, film d'horreur, satire et documentaire. La première partie du film, qui entremêle diverses sources d'images (reportage, infos TV, vidéosurveillance, etc.) tient en fait du faux documentaire (dit « documenteur »), comme Le projet Blair Witch et Cloverfield. Les premières 45 et dernières 15 minutes du film, où les aliens apparaissent sous un jour repoussant, relèvent justement du documenteur : leur image est fabriquée par ceux qui les filment et les jugent. Durant le reste de l'histoire, le spectateur apprend, en même temps que l'anti-héros raciste, à quel point l'image médiatique déformait la réalité. Tout en constituant une critique des médias, l'aspect composite de la forme du film est lié à son thème central : le métissage. Cela concerne aussi bien les aliens eux-mêmes (mi-insectes, mi-bipèdes) que le personnage principal, qui devient d'abord un hybride inter-espèces avant une métamorphose complète, se retrouvant littéralement dans la peau d'un étranger victime de discrimination.

    Pour autant, District 9 n'est pas sans contradictions. Certains des mauvais rôles sont réservés à des gangsters nigérians régnant sur le bidonville. Leur chef (dont le patronyme rappelle celui de l'ancien président du Nigéria, Obasanjo) pratique le cannibalisme rituel. Outre des sbires à la gâchette facile, il est entourée d'une inquiétante sorcière et de prostituées. Il est vrai qu'on trouve en Afrique du Sud l'une des branches africaines les plus actives du réseau criminel transnational que la mafia nigériane a tissé depuis les années 19904. Par ailleurs, District 9 compte aussi des méchants blancs. Toutefois, leurs actes ont une certaine logique et, à l'instar du protagoniste, ils sont capables d'évoluer. Le film caractérise les Nigérians comme une horde sauvage irrécupérable et les associe aux pires stéréotypes sur les Noirs africains, ce qui lui a valu une levée de boucliers au Nigéria5.District 9.jpg

    Relevons aussi que, côté extra-terrestre, seuls le savant et son fils sont des êtres intelligents et dignes de sympathie. Les autres, formant une masse indifférenciée, sont aussi primitifs que les malfrats noirs, même s'ils subissent des persécutions. De surcroît, le gentil alien porte un nom humain : Christopher Johnson. Son prénom, qui signifie « porteur du Christ » est celui du saint qui porta Jésus bébé dans ses bras, et ses initiales (de même que celles de son fils) sont le reflet inversé de celles du Messie. Moralité : l'étranger ne devient acceptable qu'à partir du moment où il est « assimilé » au point de ne plus avoir d'identité propre. La valeur de l'alien sage n'est reconnue qu'à travers un parallèle avec Jésus, ce qui est typique de films montrant des leaders extra-européens, comme Gandhi (1982), qui assimile le dirigeant indien martyr à un saint occidental.

    Pour couronner le tout, les aliens positifs de District 9 ont pour fonction de rehausser le parcours et le sacrifice de Wikus. Ce qui, sans rien enlever à ses qualités, marque définitivement les limites du film de Neill Blomkamp. En effet, l'Afrikaner repenti appartient à une vaste famille de personnages blancs qui deviennent les champions de peuples «indigènes » dont la souffrance met en valeur leur héroïsme, de Danse avec les loups à La liste de Schindler en passant par Blood diamond et Avatar.

     

     

    3 Désigne les films où deux personnages que tout oppose s'affrontent avant de se lier d'amitié : L'arme fatale, Rush hour et... Bienvenue chez les chtis

  • Avatar - Les raisons du succès/2 Etre Blanc dans un monde de brutes

    Finalement, un film assez banal en dehors de la performance technologique (en 2h46, on a failli s’ennuyer), alors pourquoi un tel succès ? On pourrait essayer d’avancer une raison inavouable par ces latitudes : et si le succès d’un film était dû avant tout à ce qu’il raconte (ou pas) ?

     

    Les conditions de la sortie du film (le contexte politique, économique, culturel,…), de même que l’ampleur des moyens déployés, les intérêts qui y sont associés, la réception publique et critique du film… Tout concourt en cette aube de deuxième décennie du 21è siècle (quand même) à confirmer l’intuition première qui nous étreint durant la projection. Avatar nous fournir de quoi nous rassurer en temps de crise. Les piques anti-militaristes voguent sur la vague de la popularité internationale d’Obama, Prix Nobel de la Paix. La conscience critique du capitalisme s’affirme ici à travers une sorte d’écologie New Age où la crise existentielle individuelle et le parcours initiatique (de même que des références mystiques à la conscience universelle) remplacent la lutte des classes et le thème de l’utopie sociale (obsolète dans ce récit postmoderne). Depuis Naissance d’une Nation de Griffith, au fond, on n’a pas beaucoup évolué : nous avons toujours affaire au grand récit (pour contredire Lyotard) de la construction de l’hégémonie blanche, qui enferme toute altérité dans une représentation ethnicisée et infériorisée, tout en travaillant à rendre « naturelle » et « déracialisée » sa position dominante.


    Ici ou on a parlé de Danse avec les loups, de Lawrence d’Arabie, du Dernier Samouraï,… bien entendu la liste est longue. Interminable. Puisqu’il est question avec Avatar d’un récit structurant (tout ce qui est humain mais pas blanc, hétérosexuel, masculin, et occidental), il existe des milliers de films qui reproduisent peu ou prou, avec des variations plus ou moins subtiles, ce même schéma que des dizaines d’années de luttes politiques ne parviennent pas à ébranler. Rien d’étonnant à cela puisque nous sommes dans une situation d’hégémonie culturelle politique et sociale qui construit l’ensemble du monde connu (et inconnu) à travers le prisme de l’identité blanche.


    Les Na’vis sont connotés Indiens et Noirs à la fois par leurs rites, leurs mimiques, leur parler, leur mode de vie (un coup d’œil après visionnement du film sur les vrais visages des acteurs et actrices incarnant les Na’vis nous permet de confirmer l’hypothèse). Ils sont plus proches de la Nature, plus animaux, que les humains (ils feulent quand ils sont en colère, leur gamme émotive est simpliste : agressivité, détresse, impulsivité d’une façon générale). Selon une perspective qui n’est pas sans évoquer le néo-bouddhisme de Matrix, ils sont « interconnectés » avec la planète, comme l’ensemble des êtres vivants – y compris les plantes -, formant une gigantesque base de données organique (un tournant cyberpunk des plus intéressants que le film aurait pu emprunter, mais qui n’est qu’esquissé. En effet, tous les éléments sont potentiellement présents, du confinement de l’action dans un espace géographique réduit à l’aspect édénique de la planète et jusqu’au matériau filmique lui-même, pour nous suggérer que Pandora n’existe pas vraiment, et n’est qu’une réalité virtuelle). Ils nous sont présentés comme une forme de civilisation certes équilibrée mais primitive, et ce n’est qu’aux trois-quarts du film que l’on découvre que sur Pandora il existe d’autres tribus Na’vis (d’ailleurs, les étrangers sont toujours organisés en tribus, répondant à la loi du plus fort et du plus sage). Ils sont d’autant plus rabaissés au rang d’une forme de vie primitive que leur mobilisation échoue à remporter la bataille face aux machines humaines : il faut attendre que la planète s’affirme comme un être « conscient » (il est clairement dit que d’habitude elle se contente de veiller à l’équilibre sans prendre parti ; or, si ici elle prend parti c’est qu’elle – la planète- dispose d’un libre arbitre et d’une conscience éthique, qui lui permettent de distinguer entre ce qui est « bien » et ce qui est « mal » et donc de faire un choix) et mobilise ses forces animales pour que les humains rendent les armes. Dans cette perspective, les Na’vis ne sont plus qu’une partie du grand tout : en quelque sorte, ils ne sont pas encore éveillés à la conscience, puisqu’ils ne transforment pas la nature ; ils y sont quintessentiellement liés, alors que le propre de l’humain est de pouvoir vivre hors de son élément naturel (argument anthropo-biologique qui fonde la politique d’expansion coloniale).


    Avatar nous raconte comment être Blanc aujourd’hui dans un monde de brutes. On l'aura compris, le vrai sujet d'Avatar est moins le récit d'un idéal de tolérance et d'ouverture culturelle que la mise en scène de l'affrontement entre le camp "Bush" et le camp "Obama", la fusion du marine Jake Sully dans le corps alien Na'vi étant un écho troublant à l'incarnation de l'Amérique blanche dans un président Noir (en réalité métis).

    (suite et fin demain).

  • Avatar - Les raisons du succès /1 Un nouvel âge du Cinéma?

    Pour ouvrir cette nouvelle année (qui est celle des 15 ans de Tausend Augen, soit dit en passant), le premier film dont nous parlons sur le blog de la rédaction est donc le nouvel opus de James Cameron, Avatar.

    L’ex-époux de Kathryn Bigelow a pour mérite d’avoir réalisé parmi les films hollywoodiens les plus passionnants et les plus rentables (Terminator 2, Aliens, Titanic), aussi l’attendions-nous au tournant après 14 ans de relatif silence, durant lesquels nous parvenaient de loin en loin des échos du colossal projet Avatar. Après le raz-de-marée mondial sans précédent représenté par Titanic, il ne pouvait choisir la voie du « grand auteur » aux petits films façons Coppola, ça n’a jamais été son truc. Non, la seule solution pour lui consistait à donner une nouvelle dimension à la démesure, chose faîte avec Avatar dont on n’évoquera pas ici le budget. La fréquentation en salles est pour l’instant à la hauteur des investissements consentis, et bien que l’on puisse douter de la tenue des entrées sur les mois à venir, il faut d’ores-et-déjà reconnaître que le démarrage est comparable à celui de Titanic.


    Pourquoi un tel succès ? L’attrait de la 3D ? Ou bien Avatar joue-t-il un rôle plus pernicieux dans l’économie de la « crise de l’occident » ?

     

    Quelques rapides réflexions en deux parties.

     

    Les raisons du succès / 1 : Un nouvel âge du cinéma ?

    Premier élément remarquable, la technologie 3D développée par James Cameron et son équipe avec le concours de Peter Jackson et de sa société de Wellington, Weta (responsable des effets spéciaux du Seigneur des Anneaux et de King Kong). Le succès d’Avatar repose en grande partie sur l’attrait pour un objet qui nous est présenté comme le premier film vraiment en 3D. Passons sur le désagrément que représentent des lunettes passablement lourdes, qui restreignent le champ de vision (surtout pour les gens qui portent déjà des lunettes en dessous). L’enjeu annoncé était celui d’une révolution comparable au passage du muet au parlant. Il est difficile de comparer le choc esthétique ressenti par les spectateurs du Chanteur de jazz qui entendirent pour la première fois une voix humaine « provenant » de l’écran, au doux plaisir des jeux de la 3D. Hormis quelques fulgurances qui nous donnent un début de sensation d’immersion, il faut bien admettre que ce n’est pas encore tout à fait au point. Ne pas être positionné au centre de l’écran procure déjà un certain désavantage. De plus, lors de certaines séquences qui jouent précisément sur l’effet de profondeur induit par un alignement de personnages aux premier, second, troisième plans, l’image sur les côtés apparaît quelque peu floue. Certaines séquences, visiblement conçues spécialement pour la 3D, déçoivent : ainsi des passages d’exploration de la jungle pandorienne, où le décor de plantes exotiques évoque insensiblement Perceval le Gallois d’Eric Rohmer. C’est-à-dire que l’on a l’impression d’un décor découpé dont on percevrait la profondeur (comme le remarquait un spectateur anonyme à la sortie, ce qui manque c’est l’épaisseur des plantes – a contrario, on perçoit relativement bien l’épaisseur des corps des acteurs et des actrices, ce qui ne manque pas de surprendre au début). L’intérêt principal de la 3D étant de nous procurer une sensation d’immersion, on ne peut qu’être déçu à ce titre. On n’en est probablement qu’aux balbutiements, mais les lunettes 3D ne sont pas encore convaincantes. Le choc esthétique est relatif, on est plus amusé qu’autre chose devant ces étranges « méduses » volantes qui viennent voleter sous notre nez : en effet, il n’y a que les méduses qui volettent devant notre nez, les trois quarts du décor et les personnages restent scotchés à l’écran… Mais ce qui impressionne surtout c’est le réalisme des corps et des décors (à l’exception des visages des Na’vis, trop figés). Sachant que tous les décors sont générés virtuellement, il faut reconnaître que l’effet obtenu est assez prodigieux. Désormais, plus aucun chef-d’œuvre de la fantasy ou de la science-fiction ne devrait pouvoir résister à une adaptation. L’impression de réel est très forte. Et le débat sur la perfection de l’image qui renverrait à son artificialité peut sembler oiseux, toute reproduction étant par définition artificielle. En revanche, le plus surprenant c’est sans doute cette multiplicité de plans impossibles à concevoir en décors réels (les séquences de vol sur les oiseaux-ptédoractyles géants par exemple) qui renvoient évidemment à des images vues jusqu’ici uniquement dans le cinéma d’animation (Miyazaki, bien sûr, pour les roches flottant dans le ciel). C’est encore imparfait (lorsque le petit groupe de scientifiques explorateurs qu’a intégré Jake Sully s’évade en courant dans les couloirs de la base militaire, Sigourney Weaver bouge son corps d’une façon irréaliste par rapport au mouvement réel de la course, et l’on comprend qu’on voit courir le personnage alors que l’actrice, elle, devait faire du sur-place sur un tapis-roulant…). C’est sans doute à ce niveau-là que réside le saut esthétique, plus aucun plan n’est impossible à réaliser en prises de vue « réelles » mais il faudra en voir d’autres pour juger.

    (suite demain).