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coen brothers

  • No country for old men

    Une fois que l'on s'est extasié devant le talent indéniable des Frères Coen, dont les films, inégaux, sortent avec régularité sur nos écrans depuis la Palme d'Or Barton Fink, reste à s'étonner de ne jamais vraiment lire en France d'analyse de ce que racontent leurs films. Et pourtant, on leur reconnaîtra aussi un talent de scénaristes! No country for old men est un beau film, à l'écriture soigné, qui s'ouvre sur une superbe succession de plans montrant un lever de soleil sur le désert dans le Nouveau-Mexique.

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    On y trouve des acteurs excellents, on revoir avec plaisir Woody Harelsonn et un toujours réjouissant Tommy Lee Jones et un Javier Bardem dont on ne se lasse pas de répéter qu'il est un des meilleurs comédiens actuels depuis son grand rôle dans Avant la nuit de Julian Schnabel (dans lequel il incarne l'écrivain cubain Reinaldo Arenas).

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    Mais il reste un gros problème. Il faut le dire et l'admettre, les Frères Coen sont réactionnaires, misogynes, et racistes. Et ça ne s'arrange pas. Le personnage féminin du film joué par Kelly MacDonald, est une gamine que son mari traite comme telle, qui geint plus qu'elle ne parle. Rigoureusement aucun film des Frères Coen ne possède de personnage féminin positif (au contraire des hommes...). Les Mexicains sont fourbes comme il se doit (ou bien musiciens pour l'argent). Et la morale du film, une sorte de parabole sur le déclin du mythe américain et la fin du cow-boy / de l'homme blanc dans ce monde en perdition où les vraies valeurs se perdent, est franchement réactionnaire.
    Personne ne le dit? Révélateur du glissement droitier des intellectuels dits de gauche qui comme le disait autrefois à propos du néo-polar français José Bénazéraf dans un entretien donné à Tausend Augen (n°10) : "ces gens-là rêvent d'écraser une manifestation d'ouvriers avec une mercédès."
    Il ne faut dès lors plus s'étonner de la disparition de la gauche du champ politique dans un pays où le Président travaille à la mettre face à ses contradictions. Enfin! Il faudrait peut-être en profiter pour entamer une refondation idéologique, en sortant des cadres théoriques hérités du XIXème siècle?

    No country for anyone.