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la crim'

  • "G.A.L." (Miguel Courtois)

    Miguel Courtois, réalisateur de télévision (La Crim', notamment, sur France 2) passé au cinéma avec le très réussi El Lobo (où l'on pouvait se régaler du réel talent de comédien, malheureusement trop peu exploité, de Patrick Bruel), refait une apparition sur grand écran avec G.A.L., deux ans après la sortie espagnole. Le film s'inspire de faits réels, et met en scène l'enquête d'un couple de journalistes madrilènes qui mettent à jour l'implication du gouvernement dans la création des G.A.L., sinistres Groupes Antiterroristes de Libération, destinés à lutter contre l'ETA avec les armes des terroristes (assassinats, attentats, enlèvements,...).

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    Même si G.A.L. est moins réussi que El Lobo, notamment à cause d'un scénario assez mal foutu, je n'ai pu m'empêcher d'éprouver une certaine affection pour ce film. Il y a des côtés qui rappellent l'invraisemblance des feuilletons populaires qui me plaisent bien, comme aussi cette façon d'accentuer les traits des personnages (les méchants sont des méchants de B.D., avec un regard noir et une grosse barbe de brute qui fait peur). Un moment de bravoure du film est cette séquence d'assassinats ciblés par des mercenaires des G.A.L. filmée au ralenti sur la musique de Bang Bang d'Iggy Pop. C'est presque du pulp. Et puis, il y a le couple de journalistes, un homme et une femme très proches dans le travail. Pourtant la jeune femme se marie avec un autre (qu'on ne voit jamais), et mène une brillante carrière d'universitaire et d'essayiste après avoir quitté le journalisme. Son collègue et ami "ne dépasse pas la page 50" d'un roman à l'intrigue stéréotypée (comme elle le lui fait remarquer). Le film ménage plusieurs beaux instants où Manuel (José Garcia) regarde amoureusement Marta (Natalia Verbeke, excellente) comme une femme moderne et indépendante qui s'épanouit sans lui, ce qui ne fait que renforcer les liens qui les unissent. Un moment, elle couche avec lui, mais loin du cliché habituel de l'homme ayant enfin vaincu les résistances de la femme (mariée), l'acte intervient à l'initiative de Marta, suite au choc causé par l'assassinat d'une amie proche qui enquêtait avec eux. A cet instant, le Manuel que l'on voit n'est ni la victime d'une femme prédatrice, ni l'homme victorieux; il est juste un ami auprès de qui Marta a trouvé du réconfort, sans trahison, sans opportunisme. Un moment très simple, très affectueux. Enfin, troisième aspect intéressant du film, et non le moindre, le fait qu'il s'attaque à un sujet hautement sensible, hautement politique, comme dans El Lobo. On aimerait que ce genre de film soit fait en France (le réalisateur est franco-espagnol), la matière ne manque pas dans l'histoire noire de la République.

    [Cette note nous a été communiquée par Joanna Orelski, lectrice de Nantes]