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  • Lust,Caution : Un amour de Collabo

    Dans le dernier film d’Ang Lee, Lust, Caution (Se, jie), une jeune résistante chinoise chargée de séduire et de piéger un puissant collaborateur des Japonais durant la Deuxième Guerre mondiale se fait prendre à son propre jeu et tombe en amour avec lui, même si elle sait qu’il torture et tue des résistants comme elle. La séquence la plus pathétique nous la montre d’abord se pâmant devant un bijou qu’il lui a offert, puis, flanchant, elle l’implore de fuir pour sauver sa vie (une belle image de la femme). Se faisant, elle signe son arrêt de mort ainsi que celui de ses cinq complices et amis.
    Je ne suis pas certain que les Français et les Belges auraient apprécié qu’on adapte la nouvelle d’Eileen Chang (de laquelle est tiré le film de Lee) dans leur pays respectif occupé par l’Allemagne nazie, en 1942. Ils n’ont pas besoin qu’on leur parle de la guerre sous cet angle.b070a08e6e8e4032fe9fc8d73befb881.jpg
    Le film a remporté le Lion d’or à la dernière Mostra de Venise, où Paul Verhoeven était membre du jury. On se souvient que le dernier film de ce dernier, Black book (Zwartboek), raconte un peu la même histoire douteuse : une résistante hollandaise chargée d’espionner un capitaine de la Gestapo tombe en amour avec lui et le protège. Il est tout de même étonnant
    que ces deux cinéastes aient retenu de cette période douloureuse du XXe siècle des histoires aussi réactionnaires.

    En ce qui concerne Ang Lee, il vient de Taïwan, l’île récalcitrante de feu Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek), et non de la Chine continentale. Cela aurait-il quelque chose à voir?

    Sylvio Le Blanc

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