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ruth noack

  • documenta 12 : "le cinéma est un lieu d'exposition"

    La documenta 12 ouvre ses portes à Kassel pour 100 jours demain, le 16 juin. Roger Buergel, directeur artistique et Ruth Noack, commissaire d'exposition, tous deux viennois, ont délégué à leurs compatriotes plusieurs volets :

    Georg Schöllhammer, rédacteur en chef de l'un des meilleurs magazines sur l'art, Springerin, est chargé du magazine des magazines publié par la documenta à partir d'un réseau de 90 titres de presses internationnaux.

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    Les trois numéros auront pour thème : Modernity?, Life! et Education.

     

     

     

    Pour le cinéma, c'est Alexander Horwarth, le directeur du Filmmuseum de Vienne qui assure la programmation du cinéma Gloria. Dans un entretien avec le cinéaste Harun Farocki dans le Frankfurter Allegemeine Zeitung, Horwarth défend le cinéma comme institution : "Tu dis, à plus ou moins brève échéance, le cinéma deviendra un lieu d'exposition - je trouve que le cinéma est un lieu d'exposition et ce depuis le début - et en effet, c'est le lieu d'exposition qui est adéquat pour ce medium."
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    Harun Farocki  se réjouit pour sa part de sa nouvelle incursion dans le monde de l'art. Invité pour la seconde fois à la documenta, il précise qu'au cinéma et à la télévision les codes sont très établis. Face aux oeuvres d'art, le public est plus prompt à s'interroger sur les règles en vigueur. C'est déjà ce qu'il disait devant le public de la cinémathèque de Berlin en 2003 lorsqu'il présentait son nouveau film Erkennen und Verfolgen (Reconnaître et poursuivre) en désignant les conventions de réception trés étroites du public cinéphile dans une cinémathèque par rapport au même public dans un "lieu d'art".

     

    Récemment, le musée d'art moderne de Vienne a présenté le triptyque complet Oeil/Machine d'Harun Farocki dont il parlait dans l'entretien qu'il nous a accordé dans le hors-série #2 de tausend augen "Quoi ma guerre ?". On pouvait également y découvrir Vergleich über ein Drittes (Comparaison par/sur un tiers), où sont interrogés les conséquences des processus de rationalisation et d'automatisation dans la production et le traitement de briques et parpaings. Avec une double projection de films en 16mm, Vergleich über ein Drittes 9316a5dfdd27979b1103d681116d4eaa.jpgexpérimente le jeux des différences et similitudes rendues possibles par la juxtaposition d'images dans un espace d'exposition. Sur un premier écran, on peut voir la production de briques et leur utilisation dans la construction de bâtiment dans un village du Burkina Faso (principalement manuelle) et dans une grande ville indienne (semi-industrielle). Sur le deuxième écran est présentée la production et utilisation de briques en Allemagne, dans un univers entièrement automatisé, avec des murs préfabriqués livrés sur le chantier. La différence de vitesse d'exécution des tâches laisse le deuxième écran fréquemment sans image. Farocki dépasse ici la simple comparaison en mettant en scène, avec les similitudes et différences des différents "degrés" d'industrialisation, la non-linéarité du "développement".