Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • L'Amérique sur le trottoir d'en face

    Un après-midi de chien
    Par Arnaud Devillard

    "Il aurait existé un cahier des charges du film hollywoodien typique des années soixante-dix, Un après-midi de chien, de Sidney Lumet (Dog day afternoon, 1975) l’aurait rempli presque à la perfection. Une approche documentaire (le scénario tiré d’un fait divers, la séquence du générique, l’absence de musique de film), des allusions à la guerre du Vietnam, aux émeutes raciales, à l’assassinat de John F. Kennedy, des choix sexuels « différents » (homosexualité, transsexualité), des anti-héros marginaux, la crise économique, une méfiance pour les autorités et le sad-ending de rigueur. Mais par rapport aux productions de l’époque, le film de Lumet a la particularité de ramasser son propos en une unité de lieu, de temps et d’action. Cette approche très théâtrale, au sens littéral du terme on le verra, est l’occasion de dresser un portrait-robot de l’état du pays."

    7ce03eee798fab45e742e8e42faf898c.jpg



    Retrouvez l'intégralité de l'article d'Arnaud Devillard dans le n°33 de Tausend Augen, à paraître.

    Un après-midi de chien a fait l'objet d'une récente réédition en copies neuves, et fait partie des films retenus pour la deuxième édition de l'opération "Une saison de répertoire" organisée par De la suite dans les images et Tausend Augen en Nord-Pas-de-Calais.

    En suivant l'actualité du blog de la rédaction, vous serez tenus au courant des dates et lieux des prochains débats organisés par Tausend Augen autour de ce film.

  • Lire la série LOST en écoutant Roland Barthes

    Impatients, ou juste curieux pour les plus modérés, la diffusion de la quatrième saison de la série télévisée américaine  LOST démarre demain, le jeudi 31 janvier sur la chaîne ABC.

     

    f7ba50d2666398822cfda9038ce35d73.png

    On évoquait ici précédemment le sous-texte  dystopique (ou plutôt dépourvu de toute ambition utopique malgré l'ensemble des conditions qui y prédisposent) de la série et ce qui y semble être l'horreur de vivre ensemble. On recommandait alors la lecture de  La haine de la démocratie de Jacque Rancière pour y décrypter le fonctionnement de la figure du pasteur jouée par Jack.

    f351f9cfea3ca9d626672adae037e112.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour cette quatrième saison, tablons que l'écoute de Comment vivre ensemble : cours au Collège de France 1976-1977 de Roland Barthes pourra nous être utile (on peut bien reconnaître des figures d'anachorètes sur l'île...)

    dc42fadb9e9979cb07d99358ff3715c3.jpg

     

  • Harun Farocki met ses films en téléchargement libre

    On vous a déjà parlé du cinéaste Harun Farocki, que ce soit dans la revue ou sur ce blog, et bien certains de ses films sont dorénavant disponibles sur le site libre de droit Ubuweb, véritable caverne d'Ali Baba depuis une dizaine d'années.

    de071112b219cec78f36d1d7c6190a54.jpg

     

    On y trouvera donc, sur la page Farocki de Ubu Web : 

    Die Worte Des Vorsitzenden (1967)

    Inextinguishable Fire (1969)

    Wie man sieht (As You See) (1986)

    Leben-BRD [How to Live in the German Federal Republic] (1989)

    Images Of The World And The Inscription Of War (1989)

    Schnittstelle/interface (1995)

    Arbeiter verlassen die Fabrik [Workers leaving the Factory] (1995)

    Stilleben (Still Life) (1997)

    I Thought I Was Seeing Convicts (2001)

    The Creator of Shopping Worlds (2001)

    et, coréalisé avec Helke Sander:
    Break the Power of the Manipulators (1967/68) 

  • Quelle écriture pour l'Histoire du cinéma? /11

    L’attention portée au rôle des groupes sociaux a conduit à poser la question de l’identité sexuelle dans le rapport à la culture, et aux représentations. Dans la continuité des apports de l’histoire culturelle et de l’histoire des mentalités, il est important que l’historien du cinéma d’aujourd’hui intègre pleinement à son travail cette dimension « gendrée », à la fois pour réfléchir sur l’évolution des représentations liées au cinéma, et pour mettre en question sa propre pratique de l’écriture. Le sociologue Erik Neveu présentait ainsi son séminaire de 2003 à l’IEP de Rennes : « L'objet de ce cours est de proposer un premier balisage d'une lecture " gendrée " d'un ensemble de rapports sociaux. " Gendré " c'est à dire qui observe le social au prisme des différences homme-femme, pensées non comme un pur donné naturel (la différence " sexuelle "), mais comme un construit social (différence de " genre "). Ce cours s'inscrit dans une démarche de sciences sociales pour laquelle tous les " genres " - donc le masculin, les homosexualités et pas exclusivement le féminin - sont objets d'analyses distanciées. Il explore la socialisation, les processus sociaux de fabrication du masculin et du féminin. Il montre comment la sexualité elle-même, loin d'exprimer de pures pulsions naturelles ou instinctives, est profondément modelée par des normes sociales, et vécue asymétriquement par femmes et hommes. Le cours met à l'épreuve tant les modalités de construction et d'entretien des genres que leurs effets dans un ensemble de domaines de la vie sociale : relations de travail et vie professionnelle, loisirs et vie domestique, sociabilités, rapport à la politique. Il questionne l'existence d'une domination masculine, mais aussi ses coûts éventuels sur les hommes et notamment l'émergence d'une crise de la masculinité. »

  • Quelle écriture pour l'Histoire du Cinéma? /10

    Sur le plan méthodologique, il manque en France une assimilation des apports des Cultural Studies, Star Studies et Gender Studies, développées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis depuis quarante ans (sans compter les pays nordiques, ou l’Allemagne) qui ont engendré dans différents domaines disciplinaires mais aussi dans les études de cinéma une manière novatrice d’envisager la recherche. Ces méthodes permettent par exemple de répondre de manière convaincante au constat fait par Brunetta à propos des oppositions dispersion/interdépendance, et centralisation/polycentrisme. e816c7162b56dd480ec8b8b2dd2ad15e.jpg
    Les Cultural Studies peuvent se définir ainsi : « Il s’agit de considérer la culture au sens large, anthropologique, de basculer d’une réflexion centrée sur le lien culture-nation à une approche de la culture des groupes sociaux. Si elle demeure fixée sur une dimension politique, la question centrale est alors de comprendre en quoi la culture d’un groupe, et d’abord celle des classes populaires, fonctionne comme contestation de l’ordre social ou à l’inverse comme mode d’adhésion aux rapports de pouvoir. »
    Cette approche intéresse l’historien de cinéma à plusieurs titres. Dans la continuité des « spécialisations » engendrées par les Annales (histoire culturelle, histoire des mentalités), les Cultural Studies permettent d’intégrer la notion de groupe social dans l’analyse du rapport au cinéma, art populaire par excellence. L’histoire du cinéma est indissociable de l’histoire des groupes sociaux qui pratiquent le cinéma. Par exemple, le nombre et le succès de certaines productions de Luc Besson (Le Baiser mortel du dragon de Chris Nahon, 2001), Yamakasi (Ariel Zeitoun, 2000), Taxi (Gérard Pirès, 1998), est indissociable du développement des multiplexes dans les zones de périphérie urbaine fréquentées par un public jeune et populaire en même temps que du renforcement et de la légitimation de l’identité liée à l’appartenance à une « banlieue ». Cette approche aide à penser le fait culturel et artistique dans sa complexité, à l’instar des Star Studies et des Gender Studies qui s’inscrivent dans l’héritage conceptuel et méthodologique des Cultural Studies.

    b5720b81a8a6160c2fd911f88290000b.jpg

     

  • Lust,Caution : Un amour de Collabo

    Dans le dernier film d’Ang Lee, Lust, Caution (Se, jie), une jeune résistante chinoise chargée de séduire et de piéger un puissant collaborateur des Japonais durant la Deuxième Guerre mondiale se fait prendre à son propre jeu et tombe en amour avec lui, même si elle sait qu’il torture et tue des résistants comme elle. La séquence la plus pathétique nous la montre d’abord se pâmant devant un bijou qu’il lui a offert, puis, flanchant, elle l’implore de fuir pour sauver sa vie (une belle image de la femme). Se faisant, elle signe son arrêt de mort ainsi que celui de ses cinq complices et amis.
    Je ne suis pas certain que les Français et les Belges auraient apprécié qu’on adapte la nouvelle d’Eileen Chang (de laquelle est tiré le film de Lee) dans leur pays respectif occupé par l’Allemagne nazie, en 1942. Ils n’ont pas besoin qu’on leur parle de la guerre sous cet angle.b070a08e6e8e4032fe9fc8d73befb881.jpg
    Le film a remporté le Lion d’or à la dernière Mostra de Venise, où Paul Verhoeven était membre du jury. On se souvient que le dernier film de ce dernier, Black book (Zwartboek), raconte un peu la même histoire douteuse : une résistante hollandaise chargée d’espionner un capitaine de la Gestapo tombe en amour avec lui et le protège. Il est tout de même étonnant
    que ces deux cinéastes aient retenu de cette période douloureuse du XXe siècle des histoires aussi réactionnaires.

    En ce qui concerne Ang Lee, il vient de Taïwan, l’île récalcitrante de feu Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek), et non de la Chine continentale. Cela aurait-il quelque chose à voir?

    Sylvio Le Blanc

    10762, rue de Poncheville
    Montréal (Québec)
    H2B 2X4 Tél.: 514 384-8198