Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Parution Pialat

    Parution d'un ouvrage collectif sur Maurice Pialat auquel a collaboré Remi Fontanel, collaborateur à Tausend Augen.



    ef647c35362a700c27a6ef2b7be69da5.jpg



    Direction : Antoine de Baecque.
    Textes de Vincent Amiel, Philippe Azoury, Antoine de Baecque, Samra Bonvoisin, Sonia Buchman, Marc Cérisuelo, Angie David, Samuel Douhaire, Rémi Fontanel, Marie-Anne Guérin, Noël Herpe, Evelyne Jardonnet, Michel Marie, Natacha Thiéry et Francis Vanoye.


    Maurice Pialat, mort en janvier 2003, demeure comme le plus grand cinéaste français de la fin du xxe siècle. Nous en sommes sûrs désormais. Ses dix films n'ont d'ailleurs jamais autant été vus, de L'Enfance nue à
    Van Gogh, de La Maison des bois à Loulou ou À nos amours.
    Le Dictionnaire Pialat propose, en deux cents entrées qui tentent de dire au plus près qui il était et ce qu'est son ouvre, une manière originale, ludique et fétichiste d'explorer l'univers du cinéaste. Un monde parcouru de figures familières, de rencontres, d'acteurs et de personnages, de répliques, de récompenses ou de projets non tournés, d'obsessions, d'intérêts et de goûts, d'amitiés, de rivalités et de collaborations orageuses, de coups de gueule revenant de film en film ou passant de la vie dans le cinéma, et du cinéma dans la vie.
    Cet outil offre d'indispensables repères pour voir et revoir ses films. Mais c'est également une ouverture vers l'imaginaire et la rêverie qui rend justice au talent singulier de Pialat, à son art unique d'imposer avec des vies ordinaires le roman vrai, foisonnant et vital, de notre temps, sa comédie humaine.

  • Rencontres avec Patrick Cardon

    Patrick Cardon

    auteur de

    Discours littéraire et scientifique fin-de-siècle.
    La discussion sur les homosexualités dans la revue du Dr Lacassagne,
    Les
    Archives d'anthropologie criminelle (1886-1914)


    "homosexualités"


    présentera prochainement

    Marc-André Raffalovich, un précurseur des études LGBT
    6e3cacae3877dcbefa01f2cdbe15e11e.jpg



    Librairie Bluebook, 1, rue Quincampoix, Paris : le 7 mars à 19h
    Librairie Les Mots à la bouche, 6 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris : le 13 mars à 19h

    Espace L'harmattan, 21 bis, rue des Écoles, Paris : le 24 avril à partir de 18 h

     

    f802378619e2ef51a609521a8a3ec8e1.jpg

     

  • Patrick Cardon / Homosexualités et anthropologie criminelle

    « L'inversion sexuelle [...] va devenir une des questions de l'avenir ».
    Marc-André Raffalovich (1896)

    e96e37cf50cdbdc6bcfe270ad906cea3.jpg

     

     Patrick Cardon 
     Discours littéraire et scientifique fin-de-siècle. La discussion sur les homosexualités dans la revue du Dr Lacassagne, Les Archives d'anthropologie criminelle (1886-1914) ­autour de Marc-André Raffalovich 
     Ôrizons, 2008, collection "homosexualités"  
      De 1886 à 1914 paraissent les Archives d'anthropologie criminelle qui veulent révolutionner la notion de criminalité (école française de Lacassagne contre école italienne de Lombroso). Les débats sur l'homosexualité y sont particulièrement importants. Tout en donnant un aperçu sur la conception typiquement fin-de-siècle de cette sensibilité, ils mettent en avant la personnalité toute littéraire de Marc-André Raffalovich qui tenta de devenir le Magnus Hirschfeld français. 
    6e3cacae3877dcbefa01f2cdbe15e11e.jpg



    Patrick Cardon, docteur ès-Lettres et diplômé de Sciences Politiques présente ici un travail qu'il a actualisé depuis plus de vingt ans et qui a inspiré l'édition de nombreux textes précieux pour l'histoire culturelle des homosexualités au sein de Gay Kitsch Camp (Question De Genre / GKC)

    La collection « homosexualités » répond à un besoin d'accessibilité rapide aux documents et études nécessaires à l'élaboration actuelle de l'histoire culturelle pluridisciplinaire dite LGBTQI (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer et intersexe). Ce sera la continuation de la bibliothèque tentée par Michel Foucault. Et dans son esprit.

    c8a024295b02df3dc50994a6028b4d0e.jpg

     

    www.GayKitschCamp.com

  • No country for old men

    Une fois que l'on s'est extasié devant le talent indéniable des Frères Coen, dont les films, inégaux, sortent avec régularité sur nos écrans depuis la Palme d'Or Barton Fink, reste à s'étonner de ne jamais vraiment lire en France d'analyse de ce que racontent leurs films. Et pourtant, on leur reconnaîtra aussi un talent de scénaristes! No country for old men est un beau film, à l'écriture soigné, qui s'ouvre sur une superbe succession de plans montrant un lever de soleil sur le désert dans le Nouveau-Mexique.

    04e6b82bba2cc888f577ccc113f3c984.jpg

    On y trouve des acteurs excellents, on revoir avec plaisir Woody Harelsonn et un toujours réjouissant Tommy Lee Jones et un Javier Bardem dont on ne se lasse pas de répéter qu'il est un des meilleurs comédiens actuels depuis son grand rôle dans Avant la nuit de Julian Schnabel (dans lequel il incarne l'écrivain cubain Reinaldo Arenas).

    2dd114274177166d6c888187aaad8616.jpg

    Mais il reste un gros problème. Il faut le dire et l'admettre, les Frères Coen sont réactionnaires, misogynes, et racistes. Et ça ne s'arrange pas. Le personnage féminin du film joué par Kelly MacDonald, est une gamine que son mari traite comme telle, qui geint plus qu'elle ne parle. Rigoureusement aucun film des Frères Coen ne possède de personnage féminin positif (au contraire des hommes...). Les Mexicains sont fourbes comme il se doit (ou bien musiciens pour l'argent). Et la morale du film, une sorte de parabole sur le déclin du mythe américain et la fin du cow-boy / de l'homme blanc dans ce monde en perdition où les vraies valeurs se perdent, est franchement réactionnaire.
    Personne ne le dit? Révélateur du glissement droitier des intellectuels dits de gauche qui comme le disait autrefois à propos du néo-polar français José Bénazéraf dans un entretien donné à Tausend Augen (n°10) : "ces gens-là rêvent d'écraser une manifestation d'ouvriers avec une mercédès."
    Il ne faut dès lors plus s'étonner de la disparition de la gauche du champ politique dans un pays où le Président travaille à la mettre face à ses contradictions. Enfin! Il faudrait peut-être en profiter pour entamer une refondation idéologique, en sortant des cadres théoriques hérités du XIXème siècle?

    No country for anyone.

  • We're Afraid of Americans (Redacted)

    Redacted, le nouveau film de Brian de Palma est sorti, et la campagne médiatique autour de ce film bat son plein. De Télématin (sur France 2) aux Cahiers du Cinéma, le réalisateur d'Outrages (dont l'argument est similaire, dans le contexte de la guerre du Vietnam) bénéficie d'une jolie couverture.

    026db3f1813fc0309cbcb613834e717b.jpg


    Une bonne part des commentaires consiste à souligner le caractère critique du film et son "anti-américanisme", en rappelant que c'est ce qui est reproché au film aux USA. Les journalistes ne manquent pas de rappeler (innocemment) que De Palma vit en France, et qu'il a souhaité montrer dans Redacted des images qui ne sont pas vues aux USA, au contraire de l'Europe (qui comme chacun sait est un modèle de démocratie et de liberté d'expression comme vient encore de le prouver le processus de ratification du "traité simplifié"). En l'occurrence, il s'agit de mettre en scène l'envers du décor médiatique de l'invasion occidentale en Irak, et de montrer en particulier les exactions commises par les GI's à l'encontre des civils irakiens (dont le viol et le massacre d'une jeune fille de 14 ans). Etrange : il ne semble pas que ce fait "réel" ait fait l'objet d'une couverture importante en Europe, en France pas plus qu'ailleurs. Pourtant, les journalistes s'empressent d'en ajouter une couche : aux USA, Redacted ne marche pas, et a été "distribué dans seulement 15 salles" (sous-entendu : la sortie en a été sabotée, mais nous en France nous n'avons pas peur de regarder ma vérité en face car nous sommes la patrie des droits de l'homme et de la liberté d'expression).
    Au fond, ce qui importe le plus ce n'est pas tellement que ce que dise Brian de Palma dans Redacted soit vrai ou pas, que son film soit critique ou pas, ni que ce soit plus critique ou pas qu'autre chose; ce qui importe, c'est que l'on puisse distinguer Brian de Palma. Il n'est pas vraiment américain, puisqu'il vit en France, qu'il dit des choses que les vrais Américains ne veulent pas entendre, que son film ne marche pas dans son propre pays alors qu'ici nous l'accueillons à bras ouverts, etc.
    La loi de l'anti-américanisme français est la suivante : les Américains "critiques" ne sont pas vraiment des Américains. En plus, au lieu d'être des péquenots (comme George Bush ou Ben Stiller) ce sont d'authentiques artistes!

    ec8eb78df8b57d53edae2cf6315c88a6.jpg

     

     

     

    Dit autrement encore, n'est vraiment Américain que celui ou celle qui correspond au stéréotype du cow-boy. Les autres Américains (ultra-minoritaires) rêvent sans le savoir d'être des européens comme nous. Car ici, tout est formidable, et cela fait belle lurette que nous avons montré les exactions de nos soldats en Afrique noire, et tourné une pléiade de films sur nos responsabilités au Rwanda. Sans parler de tous ces thrillers dont nous abreuve le cinéma français sur la corruption des élites!

  • Jamais trop tard

    Entretien avec Maxime Cervulle éditeur de Identités et cultures, politiques des cultural studies, de Stuart Hall (Editions Amsterdam, 2007)  (Le Monde, le 31 janvier 2008)

     

    b289e70f1b3066737a25e347e3d973ef.gif


    Quelle est la place de Stuart Hall sur la scène des "études culturelles" (cultural studies) ?

    Hall a joué un rôle central dans leur développement en Grande-Bretagne. Lorsqu'il succède à Richard Hoggart à la tête du Centre for Contemporary Cultural Studies de Birmingham, en 1968, il poursuit le projet qui consiste à opérer un retour réflexif sur le marxisme et à développer des analyses ethnographiques des modes de vie et cultures populaires. Parallèlement, il ouvre de nouvelles pistes : par exemple, en prêtant l'oreille aux contestations féministes au sein du Centre, en mettant l'accent sur les identités culturelles dans la réflexion sur le pouvoir ou encore en s'inspirant des théories critiques européennes, de la "French Theory" à Gramsci. Ce dernier va d'ailleurs jouer un rôle important en lui permettant d'adopter une approche plus dynamique de la culture - loin du réductionnisme économique du marxisme classique - et en substituant aux concepts de "domination" et d'"aliénation" celui, plus souple, d'"hégémonie". Plutôt que de critiquer un "grand méchant média" qui injecterait directement des contenus dans les cervelles de masses passives, Hall s'attache à décrire les multiples idéologies qui s'affrontent sur le terrain culturel.


    Les "cultural studies" semblent recouvrir un champ très large, comment les définit-il ?

    Ce qui rassemble ce champ d'études, c'est le questionnement sur les relations de pouvoir dans la sphère culturelle. Les deux concepts majeurs de Hall, la "politique de la représentation" et la "politique de la signification", renvoient tous deux à la lutte sémiotique qui se joue au sein du discours. L'enjeu est d'analyser les rapports qu'entretiennent la signification, la représentation et les dynamiques de pouvoir au sein d'une société, et ce afin d'intervenir politiquement. Il s'agit non seulement de décoder les processus de violence culturelle et matérielle, mais également de tenter de les transformer en intervenant dans les processus idéologiques qui les rendent signifiants.

    ddee490979d8f7c6240ec856de6279ed.jpg
    Quelle est la place de Hall dans la gauche anglo-saxonne ?

    En tant que "postmarxiste", travaillant à la fois avec et contre le marxisme, Hall joue le rôle de conscience réflexive de la gauche britannique. Ses interventions sur le thatchérisme ou le New Labour ont servi de cadre de référence pour penser les contextes politiques auxquels devaient faire face la gauche. Plus généralement, comme un grand nombre d'auteurs postmarxistes tels que Chantal Mouffe ou Ernesto Laclau, Hall pousse la gauche à voir ce sur quoi elle ferme les yeux : l'importance de la notion d'identité dans les cultures contemporaines et la nécessité de formuler une version de gauche de la "politique identitaire", l'indispensable articulation des luttes contre l'injustice économique avec les combats féministes, antiracistes et antihomophobes.


    Quasiment ignorée en France, l'oeuvre de Hall commence à peine à y être traduite. Quels sont les effets d'un tel contretemps ?

    L'un des effets de cette réception tardive est la troublante impression d'actualité de sa critique du thatchérisme face au contexte français. Pourtant, si l'approche de Hall peut nous être utile, ce serait une erreur que de superposer les deux situations. Il ne faut pas sous-estimer la spécificité des conjonctures historiques, nous dit-il. Ce qui n'empêche pas que l'on se serve de la force de ses analyses pour repenser la gauche française : lorsqu'il écrit "la gauche ferait bien de commencer par "apprendre du thatchérisme"" comment ne pas penser qu'ici aussi la gauche devrait tirer les leçons du sarkozysme et, plutôt que de "résister" passivement, ferait mieux de s'atteler à défaire les constructions idéologiques qu'il a patiemment articulées pour les reconfigurer dans un autre cadre de pensée ?