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  • Menaces sur l'action culturelle /2


    L’action culturelle cinématographique ne constitue pas un secteur homogène, et recouvre aussi bien l’action de l’Etat et des collectivités territoriales, que celle des grandes associations nationales regroupant exploitants, formateurs, animateurs, distributeurs, réalisateurs, autour d’un projet souvent né d’un engagement militant (1). A une autre échelle, on trouve une pléiade d’associations régionales ou départementales, souvent très actives. Si les grandes associations nationales s’insèrent volontiers dans les politiques publiques en faveur du cinéma, c’est qu’elles ont largement contribué à en forger les grands principes politiques. Elles n’en demeurent pas moins attachées à une forme d’autonomie qui garantisse la pérennité de leur action.
    Or, dans le contexte de la régionalisation, nombre d’associations ont vu leur action nationale mise en cause ces dernières années. Cela se traduit par le désengagement de l’Etat, la réduction ou la suppression du soutien financier, et le démantèlement progressif et insidieux de toute vision nationale – et au-delà – de l’action culturelle. Dans le même temps, et ce n’est pas forcément un paradoxe, l’effort des pouvoirs publics s’est porté sur le renforcement et le développement des dispositifs d’éducation à l’image (« Ecole et Cinéma », « Collège au Cinéma », et « Lycéens et Apprentis au Cinéma »), pour lesquels les collectivités territoriales sont de plus en plus fortement sollicitées. Ces dispositifs permettent à une croissante (mais petite) partie des élèves de découvrir un cinéma différent et de qualité. Avec une hausse de la fréquentation en trompe-l’œil, les dispositifs ont fini par représenter pour nombre de salles une part conséquente de leurs entrées annuelles. Parallèlement, la gestion de ces dispositifs a permis aux associations de consolider leur action par une source de financement fiable, l’animation d’un réseau, et l’embauche d’un personnel qualifié. Cependant, le secteur privé a rapidement revendiqué une répartition « équitable » du « marché », et a obtenu satisfaction malgré les résistances. Les diatribes des « indépendants » coincés entre les grands groupes (UGC, Europalaces – qui regroupe Gaumont et Pathé -, CGR, Kinepolis, …) et le parc des salles publiques – subventionnées – ont fini par payer. Ainsi, et en harmonie avec la politique de régionalisation chère à la Commission européenne, voit-on se constituer de véritables baronnies régionales (Marin Karmitz à Paris, Michel Vermoesen dans le Nord, Alain Bouffartigues dans le Sud-Ouest,…) qui capitalisent sur le secteur de l’Art et Essai, en profitant d’une réforme entrée en vigueur fin 1998. Celle-ci a indéniablement favorisé la moyenne exploitation, c’est-à-dire les indépendants qui sont à la tête de complexes privés. Leur arrogance ne connaît plus de borne, au point que Marin Karmitz, qui a pourtant bénéficié d’un important soutien public pour l’ouverture de certaines de ses salles parisiennes, n’hésite plus à dénoncer violemment la « concurrence déloyale » des salles subventionnées (comme s’il n’en faisait pas partie…), surfant sur la haine du service public que l’on excite quotidiennement à travers les médias. L’appétit vient en mangeant. Il faut dire qu’il doit être inquiet : si l’UGC Ciné-Cité des Halles déposait un dossier de classement, il deviendrait la première salle Art et Essai de France…


    (à suivre)


    (1)Dès le 18/04/2006, dans une lettre ouverte au Ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, les principales structures d’action culturelle cinématographique en France ont réaffirmé l’importance de leur travail. Elles revendiquent aujourd’hui la nécessité du soutien public, qui doit leur donner les moyens de leur autonomie, non les domestiquer. Il s’agit de l’ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), ADDOC (Association des cinéastes documentaristes), l’AFCA (Association Française du Cinéma d’Animation), l’Agence du court-métrage, Carrefour des festivals, Documentaire Sur Grand Ecran, Les Enfants de Cinéma, le GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche), le GREC (Groupement de Recherche et d’Essais Cinématographiques), Images en Bibliothèques, Kyrnea, la Maison du film court, L’œil en cascade, Point ligne plan, la SRF (Société des Réalisateurs de Films), l’UFFEJ (Union Française du Film pour l’Enfance et la Jeunesse)




  • "G.A.L." (Miguel Courtois)

    Miguel Courtois, réalisateur de télévision (La Crim', notamment, sur France 2) passé au cinéma avec le très réussi El Lobo (où l'on pouvait se régaler du réel talent de comédien, malheureusement trop peu exploité, de Patrick Bruel), refait une apparition sur grand écran avec G.A.L., deux ans après la sortie espagnole. Le film s'inspire de faits réels, et met en scène l'enquête d'un couple de journalistes madrilènes qui mettent à jour l'implication du gouvernement dans la création des G.A.L., sinistres Groupes Antiterroristes de Libération, destinés à lutter contre l'ETA avec les armes des terroristes (assassinats, attentats, enlèvements,...).

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    Même si G.A.L. est moins réussi que El Lobo, notamment à cause d'un scénario assez mal foutu, je n'ai pu m'empêcher d'éprouver une certaine affection pour ce film. Il y a des côtés qui rappellent l'invraisemblance des feuilletons populaires qui me plaisent bien, comme aussi cette façon d'accentuer les traits des personnages (les méchants sont des méchants de B.D., avec un regard noir et une grosse barbe de brute qui fait peur). Un moment de bravoure du film est cette séquence d'assassinats ciblés par des mercenaires des G.A.L. filmée au ralenti sur la musique de Bang Bang d'Iggy Pop. C'est presque du pulp. Et puis, il y a le couple de journalistes, un homme et une femme très proches dans le travail. Pourtant la jeune femme se marie avec un autre (qu'on ne voit jamais), et mène une brillante carrière d'universitaire et d'essayiste après avoir quitté le journalisme. Son collègue et ami "ne dépasse pas la page 50" d'un roman à l'intrigue stéréotypée (comme elle le lui fait remarquer). Le film ménage plusieurs beaux instants où Manuel (José Garcia) regarde amoureusement Marta (Natalia Verbeke, excellente) comme une femme moderne et indépendante qui s'épanouit sans lui, ce qui ne fait que renforcer les liens qui les unissent. Un moment, elle couche avec lui, mais loin du cliché habituel de l'homme ayant enfin vaincu les résistances de la femme (mariée), l'acte intervient à l'initiative de Marta, suite au choc causé par l'assassinat d'une amie proche qui enquêtait avec eux. A cet instant, le Manuel que l'on voit n'est ni la victime d'une femme prédatrice, ni l'homme victorieux; il est juste un ami auprès de qui Marta a trouvé du réconfort, sans trahison, sans opportunisme. Un moment très simple, très affectueux. Enfin, troisième aspect intéressant du film, et non le moindre, le fait qu'il s'attaque à un sujet hautement sensible, hautement politique, comme dans El Lobo. On aimerait que ce genre de film soit fait en France (le réalisateur est franco-espagnol), la matière ne manque pas dans l'histoire noire de la République.

    [Cette note nous a été communiquée par Joanna Orelski, lectrice de Nantes]

  • Menaces sur l'action culturelle /1

    Menaces sur l’action culturelle cinématographique


    C’est entendu, la France, dans le paysage européen et mondial, bénéficie en matière de politique culturelle d’une situation acquise parfois enviée, souvent contestée. Cependant, tout comme les « acquis sociaux » sont des droits conquis de haute lutte au fil des siècles face aux puissants - et rarement de façon pacifique-, l’exception culturelle défendue au sein de l’Europe et (plus symboliquement qu’autre chose) jusqu’à l’UNESCO, est un droit encore à conquérir. Il faut dire qu’au regard du libéralisme triomphant, l’exception culturelle est surtout une anomalie. Ainsi, il n’y a pas de raison pour que l’action culturelle cinématographique, quasiment un particularisme français, échappe à la privatisation de tous les secteurs.
    L’existence en France d’un véritable attachement à une politique publique en matière cinématographique résulte d’un combat pour que le principe de l’éducation et de la culture pour tous soit au fondement de la République. Cette exigence a été portée par la vivacité d’une société civile s’exprimant au sein de mouvements sociaux souvent en butte avec l’autorité et les intérêts de l’Etat. C’est la force de ce mouvement qui a contraint celui-ci à mettre en place une politique nationale en matière culturelle. Le rôle, par exemple, des ciné-clubs et des associations d’éducation populaire a été essentiel dans la construction d’un rapport vivant et non marchand du spectateur au film, comme à la salle de cinéma. Que ce mouvement vienne à faiblir, ou à renoncer à ses principes, comme c’est actuellement le cas, et c’est le projet adverse, celui de l’élite industrielle et financière, qui l’emportera.


    (à suivre)



  • Un projet aberrant : théoriser le "langage" cinématographique

    Dimanche 1er janvier 1967

    [...]

    Je lis un numéro spécial des Cahiers du Cinéma sur les rapports du film et du "récit." Un projet aberrant (théoriser le "langage" cinématographique) fait naître, questionnaires aidant, quelques textes intéressants - dans un tas de caca. La plupart des contributeurs coulent tête baissée dans une réflexion formelle dénuée de tout rapport avec le cinéma, le récit, ou quoi que ce soit. Le tout sous un fumier structuraliste délirant.

     

     

    (Jean-Patrick Manchette, Journal 1966-1974, Gallimard 2008, p.15) 

  • Jump Cut, nouveau numéro

    Nous sommes heureux de voir la revue californienne et marxiste Jump Cut sortir un nouveau numéro des plus riches et intéressants !

    Rappel à nos fidèles lecteurs, nous avions publié dans notre numéro 13 de la revue tausend augen (il y a tout juste 10 ans!) une traduction d'un article majeur de John Hess, originellement paru dans Jump Cut : "La politique des auteurs, l'esthétique comme conception du monde".

    L'article est toujours en ligne sur notre site (ici) ou sous format .pdf (ici).

     

    Voici donc le sommaire du numéro 50, printemps 2008 :

     

     

    Arab independent media and Hollywood representation of Arabs

    Tora Bora cinema and independent media from Palestine
    by Sobhi al-Zobaidi
    How can people survive their lost geographies? What are the consequences of perpetual and systematic dispossession of people like the Palestinians? Tora Bora Cinema traces in film and video, the emergence of the paranoid Palestinian, the displaced, de-centered and space-less subject who, in order to survive, must not remember.

    Civil society under siege:
    terrorism and government response to terrorism in The Siege

    by Helena Vanhala
    This essay analyzes how methods of counterterrorism can pose a bigger threat to civil society than terrorism itself, as portrayed in the 1998 film, The Siege, and how mainstream action-adventure films and news media’s misrepresentations of international terrorism in pre-9/11 era had left audiences unprepared for the reality of international terrorism.

    Reel Bad Arabs:
    How Hollywood Vilifies a People
    by Jack G. Shaheen
    (New York: Olive Branch Press, 2001)
    reviewed
    by Christian Blauvelt
    This review seeks to chart the origins, development, and continuing influence of degrading Arab stereotypes in U.S. media and their relation to U.S. foreign policy.

    Latin America

    Lucía: visual style and historical portrayal
    by John Mraz

    Close visual analysis of a Cuban classic.

    Latino and the Chicano warrior in the U.S. national body
    by Barbara Korte
    In light of the current dicussion about ethnic-minority soldiers and citizenship, this essay takes a second look at Haskell Wexler's 1985 portrayal of a Mexican-American soldier in the U.S. covert war in Nicaragua.

    Lucrecia Martel: “A decidedly polyphonic cinema”
    by Dominique Russell

    An exploration of the way Lucrecia Martel’s films are designed for sound and the results of this aural primacy. 

    The theory and practice of the Peruvian Grupo Chaski
    by Sophia A. McClennen

    An analysis of the socio-political context, key films, aesthetic practices, and media activism of Grupo Chaski.

    Cinema law in Latin America:
    Brazil, Peru and Colombia

    by Gabriela Martínez
    A study of cinema law in Latin America and its impact in the development of national film industries, with three case studies.

    Art house and European film

    Babel:
    pushing and reaffirming mainstream cinema's boundaries

    by Marina Hassapopoulou
    Babel provides a useful case study to examine how far artistic innovation can push the boundaries of mainstream cinema without jeopardizing commercial success, and if a script can develop national specificities and maintain "transnational" appeal.

    Colonial fictions: Le Petit Soldat (Jean-Luc Godard)
    and its revisionist sequel, Beau Travail (Claire Denis)

    by Justin Vicari

    Nearly forty years after Jean-Luc Godard examined the immorality of torture and terrorism in Le Petit Soldat (1960), Claire Denis in Beau Travail makes an art-house sequel that takes up Godard's hero and places him in a contemporary situation no less fraught with political complexities.

    Migrants and lovers in Flowers from Another World
    (Flores de otro mundo)

    by Paul A. Schroeder Rodríguez

    Analysis of Spain's most critically acclaimed film on migrants.

    Jindabyne: old secrets and a second chance
    by Andrea Grunert
    .
    Shattered identities mirror feelings of individual and collective guilt in a country still haunted by the shadows of its violent colonial past.

    An East German Indianerfilm:
    the bear in sheep’s clothing

    by Vera Dika
    The Sons of the Great Mother Bear
    , a Western made in East Germany just after the building of the Berlin Wall, reuses and displaces U.S. Western genre conventions as it casts American Indians as the heroes against frontiersmen and the U.S. Cavalry who threaten their land.

    Hollywood (today and reconsidered)

    Say hello (and goodbye) to the postclassical:
    Tony Scott and Domino

    by Larry Knapp
    Tony Scott's Domino—an unrelenting panorama of post-9/11 United States —renovates Scott as a key agent, and symptom, of Postclassical Hollywood Cinema.

    Brokering Brokeback Mountain:
    a local reception study

    by Harry M. Benshoff
    The reception of Brokeback Mountain in North Texas created an important public space for discourse on the place and meaning of men and masculinity in contemporary United States, even as much of that discourse attempted to reduce complex queer concepts to easily dismissed factoids about “gay cowboys.”

    (Not) queering “white vision” in
    Far from Heaven and Transamerica

    by Rebecca Scherr
    In contemporary U.S. queer cinema, race and sexuality are often mapped as contiguous and interlocking discourses; this essay examines the effects of this conflation in Far from Heaven (2002) and Transamerica (2005.)

    Yuppie devil:
    villainy in Kathryn Bigelow’s Blue Steel

    by Kevin L. Ferguson
    The yuppie, who went from a success story to a cultural villain during the 1980s, provides an ambivalent, hastily dismissed symbol for imaginings of the relationship between gender, power, and cinema.

    China

    Leaving the cinema: metacinematic cruising
    in Tsai Ming-liang’s Goodbye, Dragon Inn
    by Nicholas de Villiers
    A reading of Tsai Ming-liang's Goodbye, Dragon Inn in terms of queer sexuality and the cinema as an alternative public sphere.

    Salvaging the rubble of utopia:
    Wang Bing’s West of the Tracks

    by Jie Li

    A close-reading of a recent documentary epic’s treatment of an industrial complex’s monumental decline and of the individuals trying to survive in its crevices.

    U.S. television and independent video

    Wallowing in Sex:
    The New Sexual Culture of 1970s American Television

    (Duke University Press, 2007) by Elana Levine
    reviewed by Mary E. Pagano 

    Gay TV and Straight America
    (Rutgers University Press, 2006) by Ron Becker
    reviewed by Hollis Griffin.
    How and why 90s television made U.S. viewers increasingly familiar with gay people and gay culture.

    The twilight of identity: Enterprise,
    neoconservatism, and the death of Star Trek

    by David Greven
    Enterprise's plots, with their xenophobia and sexism, exhibit a nostalgia for a time before liberal values and the belief that exploration and the unification of diverse groups are good things
    .

    Confessions of A Dangerous Mind and
    Good Night and Good Luck:
    George Clooney on U.S. television, history, and politics

    by Brian Faucette
    Dealing with both low and high culture television, George Clooney critiques the negative effects of corporate capitalism on U.S. entertainment and news.

    Queer Performance, youth and YouTube
    by Ron Gregg
    YouTube is a site of both pleasure and danger, self-invention and mass-mediation and has become a powerful cultural force for queer youth that deserves our attention.

    Webisodic mock vlogs:
    HoShows as commercial entertainment new media

    by Chuck Kleinhans
    The HoShow fake vlogs reveal the problems and (sometimes) possibilities of new media.

    Without restraint:
    9/11 videos and the pursuit of truth

    by Christopher Sharrett

    This close critical reading of many of the prominent 9/11 Truth videos analyses 9/11 and the supporters and critics of the official narrative (left and right) within the context of past state-sanctioned crimes.

    Horror film

    Horror's new terrain
    by Chuck Kleinhans
    Introduction to horror film section

    Representations of the body in pain and
    the cinema experience of torture-porn

    by Gabrielle Murray
    Inquiring into the appeal of films like Hostel II, Murray concludes that we may seek to forget ourselves — our cognitive subjectivity — in the immensity of physical feeling.

    Dread of mothering:
    plumbing the depths of Dark Water

    by Nina K. Martin
    The mise-en-scene of Hideo Nakata's film Dark Water (2002) suggests that the home and its environs embody a dread that cannot be escaped, a dread related to the intense cultural pressures placed on Japanese women as idealized mothers.

    Art of branding: Tartan "Asia Extreme" films
    by Chi-Yun Shin
    Taking the Tartan "Asia Extreme" label as a fascinating site to explore how the West consumes East Asian cinema, this essay examines the marketing and promotional practices of the most high-profile label amongst the East Asian film providers in the West.

    Sentimentality and the cinema of the extreme
    by Jinhee Choi
    This essay examines the sentimental "mode" that is shared between sentimentality and brutality manifest in the recent trend of melodrama and extreme cinema.

    Links

    Audio podcasting now
    by Julia Lesage
    An overview of spoken word podcasting and a guide to some interesting podcasts, mostly free

    The last word

    Editorial on torture, the Bush administration, and the media (forthcoming)
    Continuing from the editorial in JC 49 on contemporary political film, we are extending the analysis with a look at new films that deal with the Iraq war, its representation (in film) and misrepresentation (by the Bush administation), and the issue of torture. We are waiting for our chance to see the new Errol Morris film, Standard Operating Procedure, which seems especially important for this topic. So, check back here in a couple of weeks for The Last Word.

     

     

  • Appel Culture de l'intersyndicale

    L’Intersyndicale du ministère de la Culture
    CFDT– CFTC- CGT- FO- FSU– SUD- UNSA


    Les orientations budgétaires de l’année 2008 pour la culture et les projets de « réorganisation » du service public culturel dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) annoncés l'automne dernier, suscitent colères et importantes mobilisations, très souvent convergentes, des artistes, des créateurs ainsi que de l’ensemble des professionnels du monde de la culture, des défenseurs du service public culturel et des agents du ministère de la culture (et notamment les plus récentes : 21 février, 29 février, 20 mars et le 17 avril). Elles agrègent et expriment une large opposition à la politique de l'actuel gouvernement en matière de culture – politique caractérisée par des conceptions comptables et marchandes, et par le dogme du « toujours moins d'Etat »

    Cependant, ce fort mouvement n’a pas encore permis jusqu’ici d’arrêter cette politique néfaste.

    Les dossiers sont nombreux. Ne citons que les principaux, en plus de la RGPP déjà mentionnée :

    - Malgré les dénégations de la ministre, les coupes claires dans le budget de la Culture mettent en danger l’existence même de nombreuses compagnies et contraignent les institutions à réduire leurs «marges artistiques ».

    - Le désengagement politique et budgétaire de l’État à l’égard des structures culturelles de proximité fragilise toujours plus le tissu associatif local et l’éducation populaire.

    - Malgré les promesses de la ministre d'y regarder de plus près, la réforme des annexes 8 et 10, dites des « intermittents », poursuit son laminage des artistes et techniciens du spectacle.

    - Sans parler de la suppression « ex abrupto » de la publicité qui met à mal l’audiovisuel public et contribue à renforcer encore les menaces pesant sur l'indépendance, la diversité et le pluralisme des médias.

    Il nous faut amplifier la riposte, approfondir et faire converger nos luttes mais aussi interpeller l’ensemble de la population directement concernée par ces graves attaques contre la création, les politiques et l'action culturelles.